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Nature et biologie | Le 23 janvier 2026, par André Roussainville. Dernière révision le 23 janvier 2026. Format : analyse (6 feuillets).


« Faune urbaine »

Coccinelle à sept points

Coléoptère de la famille des coccinellidés

Caractérisée par ses élytres rouge vif ponctués de sept taches noires, le petit coléoptère porte-bonheur des jardins et des champs, Coccinella septempunctata, est surnommée « bête à bon Dieu ». Décrite par Linné dès 1758, la coccinelle représente le taxon type du genre Coccinella, et constitue l’un des insectes auxiliaires (organismes facilitant la production agricole) les mieux documentés.

Coccinella septempunctata, d'apr. photographie
Coccinella septempunctata, d'apr. photographie © Sambuc éditeur, 2026

Taxonomie et systématique

Coccinella septempunctata Linnaeus, 1758 appartient à la famille des Coccinellidae, au sein de l’ordre des Coléoptères. Cette famille compte environ 485 genres et plusieurs milliers d’espèces réparties sur l’ensemble des continents ; parmi les genres les plus diversifiés figurent Scymnus, Hyperaspis et Coccinella lui-même, qui rassemble une centaine d’espèces. En français, l’espèce porte les noms vernaculaires de coccinelle à sept points, de coccinelle commune ou encore de bête à bon Dieu.

Du point de vue systématique, la coccinelle à sept points occupe une position centrale au sein de la tribu des Coccinellini. Elle constitue l’espèce type du genre Coccinella, désignée comme telle par Latreille en 1810. Les analyses phylogénétiques récentes situent le genre dans un clade regroupant des formes holarctiques et africaines, où il apparaît comme groupe frère du genre Lioadalia. Deux sous-espèces sont actuellement reconnues : la forme nominale Coccinella septempunctata septempunctata et la sous-espèce Coccinella septempunctata brucki Mulsant, 1866, décrite au Japon. D’autres formes géographiques ou chromatiques ont parfois été distinguées, mais leur statut taxonomique demeure débattu.

Description

L’adulte présente un corps ovale et modérément convexe, mesurant de 5 à 8 mm de longueur. La face dorsale, entièrement glabre, arbore une coloration caractéristique : les élytres, d’un rouge orangé vif, portent sept taches noires disposées selon un patron constant — trois sur chaque élytre et une à cheval sur la suture élytrale. Le pronotum, noir et luisant, exhibe deux taches pâles aux angles antérieurs qui peuvent, chez certains individus, se rejoindre en une fine bande médiane. La tête, également noire, porte une paire de macules claires de part et d’autre des yeux composés ; les antennes, courtes et formées de onze articles, se terminent par une massue trisegmentée. La face ventrale et les pattes sont noires, tandis que les tarses, pourvus de griffes appendiculées, permettent à l’insecte de se déplacer aisément sur les végétaux.

Cette coccinelle occupe une vaste aire de répartition couvrant la majeure partie de la région paléarctique, depuis l’Europe occidentale jusqu’au Japon et à la Chine, en passant par l’Asie centrale et le sous-continent indien. Elle colonise des milieux très variés : prairies, lisières forestières, cultures céréalières, vergers, jardins et friches urbaines. Son succès écologique tient à sa plasticité alimentaire et à sa capacité d’adaptation aux conditions climatiques tempérées comme continentales. Introduite volontairement en Amérique du Nord à partir des années 1950 pour lutter contre les pucerons ravageurs, elle s’y est établie durablement, bien que sa progression ait pu susciter des interrogations quant à ses effets sur les coccinelles indigènes.

Comportement et éthologie

Aphidiphage par excellence, la coccinelle à sept points consacre l’essentiel de son activité à la recherche et à la consommation de pucerons. Les données du réseau GloBI (Global Biotic Interactions) recensent plusieurs centaines d’espèces de pucerons comme proies attestées, parmi lesquelles Acyrthosiphon pisum, Aphis fabae, Myzus persicae, Dysaphis plantaginea ou encore Rhopalosiphum padi. Une larve peut ingérer jusqu’à plusieurs centaines de pucerons au cours de son développement, tandis qu’un adulte en dévore quotidiennement une cinquantaine en période d’activité. En complément de ce régime carnivore, l’insecte consomme occasionnellement du pollen, du nectar et du miellat, ce qui explique sa fréquentation régulière des fleurs d’Apiacées, d’Astéracées et de Fabacées.

Face aux prédateurs — oiseaux, araignées, carabes —, la coccinelle à sept points recourt à la réflexe-saignée : lorsqu’elle est menacée, elle sécrète par les articulations de ses pattes un liquide jaunâtre, l’hémolymphe, chargé d’alcaloïdes amers qui dissuadent les agresseurs. Sa livrée aposématique, rouge et noire, renforce ce signal d’avertissement. Malgré ces défenses, l’espèce subit la pression de plusieurs parasitoïdes ; le braconide Dinocampus coccinellae, dont la larve se développe dans l’abdomen de l’hôte avant de l’immobiliser pour tisser son cocon, en constitue l’exemple le plus documenté. D’autres ennemis naturels comprennent les eulophides Oomyzus scaposus et Homalotylus eytelweinii, ainsi que des agents pathogènes comme le microsporidien Nosema coccinellae et le champignon entomopathogène Beauveria bassiana.

Le cycle de vie annuel comprend généralement deux à trois générations dans les régions tempérées. Après l’accouplement printanier, la femelle dépose ses œufs jaunes en amas sur la face inférieure des feuilles, à proximité des colonies de pucerons. Les larves, d’aspect allongé et grisâtre moucheté d’orange, traversent quatre stades avant de se nymphoser sur le végétal même. Les adultes de la dernière génération annuelle entrent en diapause hivernale, se rassemblant parfois en agrégations denses sous les écorces, dans la litière ou au sein d’anfractuosités rocheuses.

Interactions avec l’homme

La coccinelle à sept points jouit depuis l’Antiquité d’une réputation favorable, incarnant tour à tour un présage heureux, un symbole de protection divine et un auxiliaire des agriculteurs. Son surnom de « bête à bon Dieu » témoigne de cette bienveillance populaire, répandue dans toute l’Europe, qui lui vaut d’être représentée sur de nombreux objets décoratifs, livres pour enfants et supports pédagogiques.

Sur le plan agronomique, l’espèce représente un agent de lutte biologique de premier plan. Sa voracité envers les pucerons ravageurs des cultures maraîchères, fruitières et céréalières lui confère un intérêt économique non négligeable ; elle est commercialisée par les sociétés spécialisées en protection biologique intégrée et lâchée dans les serres comme dans les vergers. L’introduction de populations européennes en Amérique du Nord, entreprise par le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) dès le milieu du xxe siècle, visait précisément à renforcer la régulation naturelle des pucerons du blé et de la luzerne. Si cette acclimatation s’est révélée efficace du point de vue phytosanitaire, des chercheurs ont soulevé l’hypothèse d’une compétition avec des espèces indigènes comme Coccinella novemnotata, dont les effectifs ont décliné depuis lors.

La coccinelle à sept points s’adapte bien au milieu urbain, où elle trouve dans les parcs et jardins des ressources alimentaires abondantes, et où elle est introduite pour limiter la prolifération des pucerons. Sa présence en ville est bien documentée, avec 326 observations à Paris, 105 à Lyon, 89 à Marseille (données régionales de l’inventaire du patrimoine naturel) ; cependant, les populations urbaines de coccinelles communes sont aujourd’hui concurrencées par le développement de la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis).

Statut de conservation

À l’échelle mondiale, Coccinella septempunctata ne figure sur aucune liste de protection et n’est pas évaluée par l’Union internationale pour la conservation de la nature. L’espèce demeure commune et répandue sur l’ensemble de son aire d’origine, où ses populations ne semblent pas menacées. En Amérique du Nord, son statut d’espèce introduite soulève toutefois des questions relatives à l’équilibre des communautés de coccinelles autochtones ; certaines études suggèrent qu’elle aurait contribué, conjointement à d’autres espèces exotiques comme Harmonia axyridis, à la raréfaction de taxons indigènes. Ces débats n’ont cependant pas conduit à son classement parmi les espèces envahissantes à risque élevé, sa présence étant généralement considérée comme bénéfique pour l’agriculture.


André Roussainville


Résumé des caractéristiques

Taxon : Coccinella septempunctata Linnaeus, 1758

Famille : Coccinellidae

Classe : Insecta (Hexapoda)

Ordre : Coleoptera

Statut UICN : Non évalué (NE)

Répartition géographique : Région paléarctique (Europe, Asie tempérée, Afrique du Nord) ; introduite en Amérique du Nord

Longueur adulte : 4,5 à 8,5 mm

Nombre de chromosomes : Non renseigné

Identifiants : NCBI tax ID 41139 ; GBIF usage key 4990191 ; ITIS TSN 114347 ; Wikidata Q159543 ; ENA tax ID 41139

Sources et données de référence

Ressource : Fiche espèce GBIF (gbif.org)

Ressource : ITIS Taxonomy (itis.gov)

Ressource : NCBI Taxonomy Browser (ncbi.nlm.nih.gov)

Ressource : Entité Wikidata (wikidata.org)

Ressource : Interactions biotiques GloBI (globalbioticinteractions.org)

Ressource : Galerie Wikimedia Commons (wikimedia.org)

Ressource : Commune de Lyon | Biodiv’AURA Atlas - SINP AURA (atlas.biodiversite-auvergne-rhone-alpes.fr)

Ressource : Commune de Marseille | Silene Nature - SINP PACA (nature.silene.eu)

Ressource : Synthèse des observations naturalistes de GeoNat’îdF par commune (geonature.arb-idf.fr)

Entités liées

Coccinellidae, coccinelle, coléoptère, insecte auxiliaire, lutte biologique, puceron, aphidiphage, entomologie, biodiversité, espèce introduite


Entités nommées fréquentes : Coccinella, Dieu, Amérique du Nord, Europe.


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