Nature et biologie | Le 16 janvier 2026, par André Roussainville. Format : petite feuille (2 feuillets).
littérature & sciences humaines
Nature et biologie | Le 16 janvier 2026, par André Roussainville. Format : petite feuille (2 feuillets).
Environnement et climat
Les forêts d’Australie perdent leurs arbres à un rythme inquiétant. Une étude scientifique démontre que cette mortalité accrue, observée dans l’ensemble des écosystèmes du pays, résulte directement du réchauffement climatique et compromet le rôle de puits de carbone de ces massifs forestiers.
Les forêts australiennes subissent un dépérissement accéléré de leurs peuplements arborés, révèle une étude publiée le 6 janvier 2026 dans la revue Nature Plants. Cette recherche, fondée sur plusieurs décennies de collecte de données, met en lumière une dégradation généralisée des massifs forestiers du continent austral en lien direct avec l’augmentation des températures mondiales.
Les scientifiques ont analysé les inventaires forestiers de 2700 parcelles réparties sur l’ensemble du territoire australien, couvrant quatre grands types d’écosystèmes. Leurs travaux englobent la savane tropicale, la forêt tempérée fraîche, la forêt tempérée chaude ainsi que la forêt tropicale humide. Belinda Medlyn, professeure à l’Institut Hawkesbury pour l’environnement de l’Université occidentale de Sydney, souligne que le taux de mortalité des arbres s’est accru de manière régulière dans tous ces milieux ; cette tendance s’explique très vraisemblablement par l’élévation thermique du globe. Pour garantir la pertinence de leurs conclusions, les chercheurs ont délibérément écarté de leur analyse les zones affectées par l’exploitation forestière, le déboisement ou les incendies, se concentrant exclusivement sur la mortalité naturelle des arbres.
Les savanes tropicales enregistrent la progression la plus marquée de ce phénomène de sénescence forestière. Dans ces régions, le taux de mortalité arborée a connu une augmentation annuelle moyenne de 3,2 %, passant d’environ quinze pour mille en 1996, à près du double en 2017. Cette évolution préoccupante s’accompagne d’une observation capitale : la disparition des arbres n’est pas compensée par leur croissance, engendrant ainsi un déclin généralisé du stock forestier. Belinda Medlyn en tire une conclusion sans équivoque : la capacité de séquestration du carbone par l’ensemble des forêts australiennes diminue progressivement.
Cette étude s’inscrit dans un contexte scientifique alarmant. Quelques mois auparavant, d’autres travaux avaient déjà révélé que les forêts tropicales humides d’Australie figuraient parmi les premières au monde à rejeter davantage de dioxyde de carbone qu’elles n’en absorbent, inversant ainsi leur fonction traditionnelle de puits de carbone. Depuis l’ère préindustrielle, la planète s’est réchauffée d’environ 1,2 °C, l’essentiel de cette élévation thermique s’étant produit durant les cinquante dernières années. Les forêts australiennes apparaissent désormais comme un indicateur précoce des bouleversements que le changement climatique impose aux écosystèmes forestiers mondiaux.
André Roussainville
Ressource : Ruiling Lu, Belinda E. Medlyn et al. : Pervasive increase in tree mortality across the Australian continent (nature.com)
Ressource : Rising tree death rates in all types of Australian forest tied to climate change (abc.net.au)
Réchauffement climatique, forêt tropicale, savane, séquestration du carbone, Australie, écosystème forestier, dioxyde de carbone
Entités nommées fréquentes : Australie.


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