Nature et biologie | Le 13 janvier 2026, par Sambuc éditeur. Temps de lecture : six minutes.
littérature & sciences humaines
Nature et biologie | Le 13 janvier 2026, par Sambuc éditeur. Temps de lecture : six minutes.
Environnement et exploration polaire
Jean-Louis Étienne, 79 ans, entreprend une expédition de deux mois en Antarctique pour collecter des données scientifiques et soutenir la création d’aires marines protégées dans cette région menacée par le changement climatique et la pêche industrielle.
Le médecin-explorateur français Jean-Louis Étienne s’apprête à repartir en Antarctique pour une nouvelle mission scientifique baptisée « Persévérance en Antarctique ». Annoncée lors d’une conférence de presse le 8 janvier 2026, cette expédition débutera le 20 janvier depuis Christchurch en Nouvelle-Zélande et se prolongera jusqu’au 15 mars, emmenant l’explorateur vers la mer de Ross puis la mer Dumont d’Urville, situées dans le secteur méridional du continent blanc.
Cette initiative vise à enrichir les connaissances sur l’Antarctique, un territoire qui représente vingt-huit fois la superficie de la France et concentre entre soixante-dix et quatre-vingts pour cent de la glace terrestre. Les enjeux sont considérables : Jean-Louis Étienne entend démontrer l’urgence de protéger ces écosystèmes en documentant les transformations provoquées par les activités humaines. Selon l’explorateur, les pôles constituent des témoins privilégiés du bouleversement climatique ; leur préservation nécessite impérativement la mise en place d’aires marines protégées pour éviter une disparition progressive de milieux naturels essentiels à l’équilibre planétaire.
Le navire embarquera une série d’instruments de mesure sophistiqués destinés à recueillir des informations météorologiques, à dresser un inventaire de la faune marine, à analyser les polluants atmosphériques et à évaluer l’état du phytoplancton ainsi que la hauteur des vagues. Ces données scientifiques permettront d’affiner la compréhension des dynamiques environnementales à l’œuvre dans cette région encore largement méconnue.
Jean-Louis Étienne, premier homme à avoir rallié le pôle Nord géographique en solitaire en 1986, avait déjà effectué une traversée complète de l’Antarctique entre 1989 et 1990. Aujourd’hui, l’explorateur constate avec amertume qu’une telle expédition serait devenue impossible car certaines portions du continent ont disparu sous l’effet du réchauffement des températures océaniques et de l’élévation du niveau des mers.
Au-delà du changement climatique, la biodiversité antarctique subit également les pressions de la pêche industrielle. Des navires-usines convergent en nombre croissant vers ces eaux pour capturer le krill, un petit crustacé qui constitue la clé de voûte du réseau alimentaire régional. Cette espèce nourrit l’ensemble de la chaîne trophique locale, des poissons aux mammifères marins en passant par les oiseaux. La multiplication de ces prélèvements menace l’équilibre fragile de l’écosystème antarctique.
L’expédition Persévérance ambitionne également d’évaluer l’efficacité de l’aire marine protégée de la mer de Ross, instaurée il y a dix ans. Cette analyse interviendra alors que la France et l’Australie, soutenues par l’Union européenne, défendent un projet d’aire protégée dans l’Antarctique oriental. Quatre autres initiatives similaires font actuellement l’objet de négociations au sein de la Convention pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique. La stratégie nationale française prévoit que trente pour cent du territoire national, tant terrestre que marin, soit couvert par des espaces protégés d’ici 2030, dont dix pour cent bénéficiant d’une protection renforcée.
Sambuc éditeur
Antarctique, aire marine protégée, changement climatique, biodiversité marine, krill, pêche industrielle, mer de Ross, phytoplancton
Entités nommées fréquentes : Antarctique, Ross.


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