Actualités culturelles. Le 19 septembre 2026, par Luc Grampivf. Format : grande feuille (7 feuillets).
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Actualités culturelles. Le 19 septembre 2026, par Luc Grampivf. Format : grande feuille (7 feuillets).
Évenement culturel national et européen
Ce week-end, samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, les Journées européennes du patrimoine (JEP) célèbrent leur 43e édition : monuments difficilement accessibles, ateliers, jardins, ministères et institutions ouvrent exceptionnellement leurs portes partout en France. Deux thèmes structurent la manifestation, « Patrimoine de la photographie », d'une part, qui coïncide avec le bicentenaire de l'invention du médium ; et « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer », choisi au niveau européen. Ces thématiques dessinent, ensemble, une même question : que garde-t-on, et par quelles images le garde-t-on ?
Née en France en 1984 sous la forme de journées portes ouvertes dans les monuments historiques, puis étendue à l'Europe sous l'égide du Conseil de l'Europe, la manifestation est devenue l'un des événements culturels les plus importants de l'année. L'édition 2025 avait vu plus de 18 500 lieux ouvrir leurs portes et près de 7,4 millions de visites être enregistrées sur l'ensemble du territoire. Vendredi 18 septembre, l'opération « Levez les yeux ! », portée par le ministère de la Culture et le ministère de l'Éducation nationale, a donné le coup d'envoi des festivités en invitant les scolaires à lire autrement les lieux qu'ils côtoient chaque jour.
L'année 2026-2027 accueille le bicentenaire de la photographie, initiative du ministère de la Culture qui a fait labelliser plusieurs centaines de manifestations. Inventée par Nicéphore Niépce et offerte au monde par François Arago devant les Académies des sciences et des beaux-arts en 1839, la photographie a longtemps servi d'outil de représentation des monuments, et ses images constituent souvent un repère précieux pour l'histoire locale, nationale et européenne. Elle a acquis, à partir des années 1960, sa propre valeur patrimoniale : d'abord conservée pour ses qualités documentaires dans les services d'archives, les bibliothèques et les musées, elle a peu à peu été collectionnée pour sa valeur artistique, avec la création de musées qui lui sont dédiés, l'organisation des Rencontres d'Arles, l'ouverture de la galerie du Château-d'Eau, puis de cabinets de photographies au Centre Pompidou et au musée d'Orsay. Les JEP 2026 mettent ainsi en avant les réalisations artistiques et techniques du médium, mais aussi le rapport intime qu'il entretient avec les monuments.
Le second thème, retenu à l'échelle européenne, part d'un constat : numérisation croissante, accélération des mouvements de population, crise climatique et conflits de toutes sortes menacent une partie de notre patrimoine. Il interroge la manière dont on hiérarchise, protège et transmet les biens culturels : effets du dérèglement climatique sur les sites, les fonds d'archives, les collections et les pratiques immatérielles, techniques nouvelles de surveillance et de restauration, plans de sauvegarde mis en place par des organisations comme l'Unesco, pérennité des matériaux des « nouveaux patrimoines », notamment ceux du xxe siècle. Il aborde aussi la conciliation entre hyper-fréquentation touristique et préservation, par des aménagements d'accueil, des visites virtuelles ou des fac-similés, et propose, face à la sous-fréquentation de certains sites, de découvrir des lieux moins connus, pour un tourisme mieux réparti dans le temps comme dans l'espace.
Pour cette édition, la région Île-de-France annonce 1700 lieux participants, dont 200 ouvertures exceptionnelles, et plus de 3000 événements. La direction régionale des affaires culturelles (DRAC) y fait dialoguer chantiers de restauration et fonds photographiques. Côté restauration, on pourra suivre le chantier de la tour Henri IV du château de Montagu, à Marcoussis (Essonne), dernier vestige d'une forteresse du xve siècle démontée pierre par pierre au xixe siècle, et dont aucune reconstitution n'est prévue ; découvrir, à Milly-la-Forêt, la chapelle Saint-Blaise-des-Simples décorée par Jean Cocteau en 1959 et menacée par l'humidité ; ou observer, à la gare de Lyon, la restitution, d'après les archives, des crêtes en zinc et du blason monumental de la façade conçue par Marius Toudoire pour l'Exposition universelle de 1900, disparus depuis la fin des années 1940 (le chantier s'achèvera mi-2027). À Paris, le Studio Raspail, immeuble Art déco de 1934 construit pour Helena Rubinstein, retrouve sa vocation théâtrale ; à Châteaubleau (Seine-et-Marne), c'est un théâtre gallo-romain qui renaît, cent soixante-quinze ans après sa découverte par un instituteur et ses élèves.
Côté photographie, la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, installée au fort de Saint-Cyr à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines), conserve les collections de l'État constituées dès 1851. À Notre-Dame de Paris, la restauration des objets mobiliers fait l'objet, depuis 2021, d'un suivi photographique qui documente les métiers et les étapes du chantier. Le programme francilien va de la « boîte afghane », chambre noire portative présentée à Issy-les-Moulineaux, à un atelier de Gif-sur-Yvette qui confronte prise de vue et images générées par intelligence artificielle, de l'Institut Pasteur et sa photographie de l'invisible aux casemates de La Roche-Guyon, où resurgit l'année 1944. À Haute-Isle (Val-d'Oise), une exposition dévoile les coulisses du tournage du film *Bonnard, Pierre et Marthe* de Martin Provost, et à Épinay-sur-Seine, les anciens laboratoires Éclair racontent un siècle de cinéma argentique. La Cité du Cinéma choisit les Journées pour sa grande inauguration à Saint-Denis, Provins accueille un festival de photographie dans plusieurs de ses monuments, et le Studio Frank-Horvat, à Boulogne-Billancourt, se découvre librement ou lors de visites conduites par la fille du photographe.
Le patrimoine culturel immatériel (PCI) a lui aussi sa place : héliogravure dans l'atelier de Fanny Boucher, à Meudon, procédé rare inscrit à l'Inventaire national du PCI ; art de l'espalier aux Murs à pêches de Montreuil et au Potager du Roi à Versailles ; verre soufflé à Soisy-sur-École ; culture foraine aux Pavillons de Bercy ; tir Beursault à Ermont. Ces pratiques très différentes ont un point commun : elles ne subsistent que par les personnes qui les exercent encore.
La sélection proposée par le Gouvernement donne une idée de la diversité des ouvertures, de Paris à Albi. À Paris, l'Hôtel de Matignon revient sur les années 1944-1946, lorsque de Gaulle dirige le Gouvernement provisoire : des photographies d'archives, pour certaines rarement montrées, y sont exposées dans les jardins et retracent la Libération de Matignon comme la remise en marche de l'État. À Giverny, en Normandie, on visite la maison et les jardins de Claude Monet, qui y a vécu de 1883 à sa mort en 1926. À Marseille, le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) propose un week-end gratuit et ouvre exceptionnellement les grandes réserves de son Centre de conservation et de ressources. À Metz, le Centre Pompidou-Metz offre un accès gratuit à plusieurs propositions, dont la rétrospective *François Morellet. 100 pour cent* (100 œuvres réalisées entre 1941 et 2016) et *Dimanche sans fin*, dialogue entre quelque 400 œuvres des collections du Centre Pompidou et 40 créations de Maurizio Cattelan. À Albi, le Musée Toulouse-Lautrec ouvre gratuitement le palais de la Berbie ; les visites « Les Coulisses du palais » y donnent accès à la chapelle Notre-Dame, habituellement fermée, et aux pavements médiévaux de la salle palatiale. À Lyon, enfin, le musée des Beaux-Arts se parcourt gratuitement dans l'ancien palais Saint-Pierre.
Comme chaque année, plusieurs lieux de pouvoir se laissent visiter. Le ministère chargé de l'Éducation nationale ouvre l'hôtel de Rochechouart (110 rue de Grenelle, Paris VIIe), édifié à la veille de la Révolution, demeure aristocratique puis d'un maréchal de Napoléon, enfin siège du ministère et lieu de naissance de l'école publique : salons, bibliothèque, bureau du ministre et jardins sont accessibles de 10 h à 18 h le samedi et de 10 h à 17 h le dimanche. Une salle de classe de la IIIe République y est reconstituée, avec le Musée national de l'Éducation de Rouen, et une sélection de 12 photographies consacrées à l'École, issue de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, fait écho au thème de l'année ; des élèves de lycées franciliens, de l'École Boulle et de la filière « photographie » y présentent leurs savoir-faire, et un carnet de jeu est remis aux jeunes visiteurs.
Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ouvre quatre sites : l'hôtel du ministre au Quai d'Orsay, à Paris (entrée gratuite, sur réservation, billets nominatifs et pièce d'identité exigée), avec des expositions immersives consacrées au patrimoine de la photographie et au patrimoine en péril ; les archives diplomatiques de La Courneuve, où une visite de la nouvelle exposition permanente est suivie d'une visite des dépôts, et où un escape game pour les 10-15 ans, dédié à Rose Valland, rappelle le rôle de celle-ci dans la sauvegarde de plus de 60 000 œuvres spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale ; le parc et le potager en permaculture du château de La Celle-Saint-Cloud, sans réservation ; et le service central d'état civil de Nantes, dont la visite est complète. Au Palais-Royal, enfin, le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État sont réunis dans un parcours guidé unique d'environ 1 h 30, dont les inscriptions sont closes, le nombre maximal de participants ayant été atteint.
Le programme complet est consultable sur le site officiel des Journées européennes du patrimoine, qui permet de composer une liste de favoris ; un programme spécifique à l'Île-de-France est également disponible sur le site du ministère de la Culture. Beaucoup de lieux, cette année, privilégient les visites en petits groupes et sur inscription : mieux vaut donc vérifier les conditions d'accès (réservation, pièce d'identité, âge minimal) avant de se déplacer.
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Publié par Sambuc éditeur.
Actualités culturelles. Le 19 septembre 2026, par Luc Grampivf. Format : grande feuille (7 feuillets).
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