Arts. Le 9 mai 2026. Format : brève (1 feuillet).
« Journal culturel »
75 ans de la mort d’Iakov Tchernikhov, architecte des utopies constructivistes
Anniversaire culturel
Le 9 mai 1951, l’architecte et dessinateur soviétique Iakov Tchernikhov s’éteignait à Moscou. Ce 9 mai 2026, 75e anniversaire de sa mort, est l’occasion de redécouvrir un artiste prolifique dont les architectures imaginaires, nourries de l’esprit constructiviste, demeurent une référence des avant-gardes du XXe siècle.
Né le 17 décembre 1889 à Pavlohrad, en Ukraine, Iakov Grigorievitch Tchernikhov reçoit sa première formation artistique à l’école des beaux-arts d’Odessa, où il étudie la peinture et l’architecture de 1907 à 1914. Il gagne ensuite Saint-Pétersbourg — récemment rebaptisée Petrograd — où il suit notamment l’enseignement d’Alexandre Benois à l’académie des beaux-arts. Il y complète sa formation au sein du VChUTEIN, école supérieure d’art et de technique, dont il sort diplômé en 1925.
Sa carrière prend un tournant à partir de 1930, lorsqu’il devient architecte en chef à la filiale leningradoise de l’institut de conception Giprokhim. En 1936, il se fixe définitivement à Moscou, où il vivra jusqu’à sa mort.
L’architecte des fantasmagories constructivistes
Si Tchernikhov est resté longtemps dans l’ombre des grandes figures du constructivisme soviétique, c’est son œuvre graphique qui lui confère aujourd’hui une place singulière dans l’histoire des avant-gardes. Dessinateur et peintre autant qu’architecte, il se distingue par une production proprement fantasmagorique : des architectures imaginaires et fantaisistes, traitées dans l’esprit du constructivisme et du suprématisme, dont les compositions empruntent aussi bien aux structures industrielles qu’aux coupoles métalliques.
On estime qu’il a produit quelque 17 000 pièces au cours de sa vie ; seules 274 d’entre elles subsistent aujourd’hui, conservées aux archives d’État de Moscou. Parmi ses œuvres notables figurent la Composition graphique de 1918 ainsi qu’une autre Composition graphique de 1929, représentatifs de son inventivité dans les formes architecturales.
Une reconnaissance tardive
Longtemps méconnu hors des cercles spécialisés, Tchernikhov a bénéficié d’une redécouverte progressive au tournant du xxie siècle. En 2010, ses travaux figuraient notamment dans l’exposition collective Les Utopies mutantes, présentée au Passage de Retz, à Paris.
- Cet article appartient à la série Journal culturel.
- Publié par Sambuc éditeur.