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Littérature. Le 5 février 2022. Format : grande feuille (6 feuillets).

Littérature

Réponses détaillées au quizz « Curieux classiques 2022 »

Quizz littéraire en ligne

Vous avez participé au quizz « Curieux classiques » de janvier 2022 ? Retrouvez ici les réponses aux questions sur des grandes œuvres de la littérature, autour du thème de l’amour.

Les questions du quizz étaient réparties de façon chronologique, de l’antiquité jusqu’au xxe siècle.

Parmi les auteurs et les œuvres évoqués : la Bible, les Métamorphoses d’Ovide, Pétrarque, Shakespeare, Balzac et George Orwell.

Qui est l’amant d’Esther ?

Q. : Dans un récit de l’Ancien Testament, un homme aime et épouse Esther. Qui est-ce ?


C’est dans le Livre d’Esther de l’Ancien Testament qu’est racontée l’histoire de la jeune Juive Esther (de la tribu de Benjamin), orpheline en exil recueillie par son cousin Mardochée.

Le roi de Perse Assuérus, à la recherche d’une nouvelle épouse, est touché par la beauté d’Esther et l’accueille dans son harem comme sa favorite.

Cependant, le vizir du roi, Haman (ou Aman), entreprend d’exterminer tous les Juifs du royaume. Sous l’impulsion de Mardochée, Esther se présente au roi pour intercéder, et dévoile sa judéité. Amoureux et touché par le courage d’Esther, Assuérus lui accordera de protéger le peuple juif, et fera pendre son ministre.

Ce récit biblique est aujourd’hui plus particulièrement connu grâce à la pièce chorale de Jean Racine, Esther, créée en 1689.

La déesse Héra

Q. : Dans la mythologie grecque, de quoi Héra est-elle la déesse ?


Épouse de Zeus (Jupiter dans la mythologie romaine), Héra (ou Junon) est la déesse du mariage : c’est elle qui bénit ou maudit les unions. Sa jalousie est légendaire, et n’a d’égal que les tromperies incessantes de son mari.

Les amours de Zeus et d’Io

Q. : D’après un mythe, Zeus trompe son épouse avec Io, la fille du fleuve Inachos. Par jalousie envers elle, en quel animal Junon la change-t-elle ?


Zeus, qui trompe Héra avec Io (la fille du fleuve Inachos), manque d’être surpris par son épouse. Pour cacher son infidélité, il transforme Io en génisse. Héra, soupçonnant la tromperie, obtient de son mari la jeune femme métamorphosée en vache, et la fait garder par Argos. C’est le dieu Hermès, fils de Zeus, qui tue Argos et libère Io à la demande de Zeus.

La question simplifiait quelque peu le récit mythologique de Io et d’Héra ; en revanche, dans une autre aventure de Zeus, avec la nymphe Callisto, c’est bien Héra qui change l’amante de son mari en animal, en l’occurrence en ourse.

La métamorphose d’Hermaphrodite

Q. : Dans le quatrième livre des Métamorphoses, le poète latin Ovide évoque l’histoire d’Hermaphrodite, dont le corps mêle les deux sexes suite à son union à une nymphe. Selon Ovide, quelle source ou quel étang est maudit par Hermaphrodite ?


Aimé par la nymphe Salmacis qui le surprend alors qu’il se baigne dans ses eaux, le jeune Hermaphrodite est uni à elle et devient un être doté de deux sexes, mâle et femelle. Par vengeance, le jeune homme maudit les eaux de la fontaine de Salmacis, qui dès lors, selon Ovide, ont le pouvoir de rendre bisexués tous ceux qui s’y baigneront.

L’amour de Pétrarque

Q. : Quelle femme Pétrarque chante-t-il dans ses sonnets ?


Pétrarque (1304-1374) est connu pour avoir donné, à l’aube de la Renaissance, ses lettres d’or à la poésie amoureuse. C’est l’amour de la novaise Laure que chante le poète humaniste, notamment dans les nombreux sonnets du Canzoniere, dont les première ébauches remontent à 1342.

Roméo mélancolique

Q. : Lecture en aveugle.


C’est de l’œuvre de Shakespeare qu’était tiré le premier extrait de lecture en aveugle : plus précisément, il s’agit de la célèbre histoire de Roméo et Juliette.

Le récit se déroule dans la toute première scène du drame : suite à une altercation, la mère de Roméo cherche son fils. Le cousin du héros, Benvolio, lui révèle l’avoir aperçu le matin même, errant, rendu mélancolique par son amour déçu pour Rosaline – qu’il oubliera très vite après sa rencontre avec Juliette, fille des Capulet.

« Madame, une heure avant que l’astre vénéré n’éclaire la fenêtre dorée de l’Orient, un mauvais sommeil m’a entraîné à sortir et marcher ; et c’est là, sous le bosquet d’érables qui prend racine à l’ouest des murs de la ville, que j’ai vu, si tôt, votre fils. Je m’approchai de lui ; mais lui, m’apercevant, s’enfuit sous le couvert des arbres. Moi, mesurant son état au mien, qui ne cherchait rien plus que la solitude, et un endroit où l’on ne me trouvât pas […], je poursuivis mon plaisir au lieu de suivre le sien, et j’ai fui volontiers celui qui me fuyait. »

William Shakespeare, Roméo et Juliette, acte I, scène I.

Balzac et La Fontaine

Q. : Le Mari, la Femme et le Voleur est une fable de La Fontaine dans laquelle, grâce à un cambriolage, un mari découvre que sa femme l’aime. Dans quelle nouvelle de Balzac est évoquée cette fable ?


Un prince de la bohème, nouvelle de Balzac parue en 1840, est le récit d’un amour inégal entre le comte de La Palférine, prince désargenté plein de verve et d’un aplomb impitoyable, et l’ancienne actrice Claudine.

La Palférine, au cours d’une plaisanterie qu’il fait à Claudine, la fait se blesser à la tête en tombant ; la croyant prête à mourir, il montre soudain un signe de désespoir que Claudine reçoit comme une preuve d’affection.

Balzac compare cette scène à une fable de La Fontaine, Le Mari, la Femme et le Voleur. Dans cette fable, au cours d’un cambriolage, l’épouse apeurée se jette dans les bras de son mari, lui offrant la preuve de son amour.

« Claudine épouvantée, et ne devinant pas la plaisanterie, se recula, heurta une chaise, et alla tomber la tête la première sur l’angle aigu de la cheminée. Elle se crut morte. La pauvre femme ne dit qu’un mot, quand, mise sur le lit, elle put parler : – “Je l’ai mérité, Charles !” La Palférine eut un moment de désespoir. Ce désespoir rendit la vie à Claudine ; elle fut heureuse de ce malheur, elle en profita pour faire accepter la somme à la Palférine, et le tirer d’embarras. Puis ce fut le contrepied de la fable de La Fontaine où un mari rend grâce aux voleurs de lui faire connaître un mouvement de tendresse chez sa femme. »

Honoré de Balzac, Un prince de la bohème.

L’amant incendiaire

Q. : Dans la même fable, en conclusion, La Fontaine évoque l’histoire « (d’un) amant, / Qui brûla sa maison pour embrasser sa Dame. » Qui est cet amant ?


Selon Tallemant des Réaux, l’audacieux comte de Villa-Medina, général des postes d’Espagne, aurait mis le feu à une machine de théâtre où jouait la reine, afin de pouvoir la sauver en la prenant dans ses bras. C’est cette anecdote que cite La Fontaine à la fin de la fable Le Mari, la Femme et le Voleur.

« La Reine et les seules dames de la cour la représentèrent. Le comte en était amoureux, ou du moins par vanité il voulait qu’on le crût, et, par une galanterie bien espagnole, il fit mettre le feu à la machine où était la Reine, afin de pouvoir l’embrasser impunément. En la sauvant comme il la tenait entre ses bras, il lui déclara sa passion et l’invention qu’il avait trouvée pour cela. »

Tallemant des Réaux, Historiettes, t. I, 46.

Amour ou espionnage ?

Q. : Lecture en aveugle.


La deuxième lecture en aveugle faisait intervenir un extrait plus moderne : il s’agissait de l’ouvrage 1984 de George Orwell. La scène se situe au début du roman. Le héros,Winston, croise une jeune femme qui l’aime secrètement et le suit. Obnubilé par l’atmosphère angoissante de la surveillance généralisée, Winston craint aussitôt que la jeune femme l’espionne pour le dénoncer.

Cette scène d’effroi décrit paradoxalement la naissance de l’amour qui unira les deux héros du livre, îlot de beauté dans un monde où règne la violence et la coercition.

« Soudain, son cœur de changea en glace et ses entrailles se liquéfièrent. Quelqu’un, vêtu en bleu de travail, longeait la chaussée à quelques mètres à peine. C’était la fille du département des fictions, la fille aux cheveux noirs. La lumière faiblissait, mais il n’avait aucun mal à la reconnaître. Elle le regarda droit dans les yeux, puis continua à marcher rapidement comme si elle ne l’avait pas vu.
Pendant quelques secondes, il fut trop saisi pour bouger. Puis il se tourna vers la droite et s’éloigna lourdement, sans remarquer qu’il allait dans la mauvaise direction. En tout cas, une question était réglée. Il n’y avait plus aucun doute que la fille l’espionnait. Elle avait dû le suivre jusqu’ici, car il n’était pas crédible que, par pur hasard, elle se soit retrouvée le même soir dans cette même obscure ruelle, à des kilomètres des quartiers où vivaient les membres du Parti. »

George Orwell, 1984, I, chap. 8.

Retrouvez prochainement d’autres quizz littéraires, sur le site des éditions Sambuc !

Prochain quizz prévu : Semaine de la Francophonie, mars 2022.

Publié par Sambuc éditeur.



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