Nature et biologie. Le 31 octobre 2026. Format : petite feuille (2 feuillets).
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Nature et biologie. Le 31 octobre 2026. Format : petite feuille (2 feuillets).
Environnement et sylviculture, état sanitaire des forêts métropolitaines
La forêt française s'étend, mais elle se porte de moins en moins bien. Dans un bilan publié le 7 octobre 2026, l'IGN relève que la mortalité des arbres a plus que doublé en une vingtaine d'années, avec des disparités régionales marquées et des conséquences sur la croissance des peuplements comme sur la capacité de stockage du carbone.

Début octobre, l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) a rendu public un bilan préoccupant : la mortalité des arbres de la forêt française a été multipliée par 2,5 entre les deux dernières décennies. Ce constat, qui couvre la période 2016-2024, contraste avec l'extension continue de la surface boisée ; il ne tient en outre pas compte des canicules, des incendies ni de la sécheresse historique de l'été 2026.
Sur les dix dernières années, la mortalité annuelle en France métropolitaine a atteint en moyenne 18,1 millions de mètres cubes de bois, contre 7,4 millions sur la période 2005-2013. Ce volume ne représente que 0,6 % du bois vivant sur pied, mais sa hausse est jugée « inquiétante » par Mme Nathalie Derrière, ingénieure à l'IGN.
Les atteintes sont inégalement réparties. En Bourgogne-Franche-Comté, la mortalité a été multipliée par 6 ou 7, et le nombre de frênes morts par huit. Les causes sont multiples : sécheresses, insectes, maladies, et potentiellement aussi incendies et tempêtes, dont l'effet est parfois presque secondaire face à l'ampleur des dégâts qu'infligent les autres facteurs à certaines essences.
L'institut estime que les sécheresses successives constituent « un risque majeur et durable » pour les forêts françaises. Les fortes chaleurs et les incendies attirent par ailleurs certains ravageurs, tel le nématode du pin, qui s'en prennent d'abord aux arbres déjà affaiblis ; le dépérissement des peuplements s'en trouve aggravé.
Cette dégradation se produit alors que la forêt gagne en moyenne 100 000 hectares par an depuis quinze ans, surtout du fait de l'abandon de terres agricoles. Elle altère néanmoins l'état de 9 % des arbres, principalement dans le Nord-Est, ou freine leur croissance : la production biologique annuelle moyenne, c'est-à-dire la croissance de l'ensemble des arbres, a diminué d'environ 8 % par rapport à 2005-2013.
Cette santé fragilisée pèse enfin sur la capacité des forêts à séquestrer le carbone, rôle pourtant essentiel dans la trajectoire climatique du pays. Le puits forestier a capté en moyenne 39 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) par an sur 2016-2024, contre 63 millions de tonnes sur 2005-2013, soit un ralentissement d'environ 38 %. L'IGN note toutefois que ce puits tendrait à se stabiliser ces dernières années ; M. Antoine Colin, chef adjoint du service de l'information forestière, reste cependant attentif, le puits de carbone étant « sous tension ».
Nature et biologie. Le 31 octobre 2026. Format : petite feuille (2 feuillets).
Cet article appartient à la catégorie Nature et biologie.
Publication : Sambuc éditeur.