Nature et biologie. Le 24 mai 2023. dernière révision le 26 novembre 2025. Format : article (3 feuillets).
« Bois tropicaux »
Pernambouc
Plante angiosperme dicotylédone
Le pernambouc (Paubrasilia echinata) est un arbre feuillu de la famille des Fabacées. C’est une espèce tropicale qui présente un bois très dense et très dur.
Description de l’espèce
Le pernambouc, ou pau-brasil (Paubrasilia echinata) est une plante ligneuse de la famille des Fabacées. C’est un arbre feuillu des régions tropicales.
Le pernambouc peut atteindre jusqu’à 15 mètres de hauteur, et son écorce brun foncé s’écaille en larges plaques, révélant l’aubier d’une vive couleur rouge. Les feuilles sont pennées et composées de 9 à 19 petits folioles coriaces, de forme oblongue. La tige florale, ou inflorescence, est également ramifiée et comporte entre 15 et 40 fleurs jaunes très parfumées, qui peuvent être pollinisées par les abeilles. Les pétales sont généralement jaunes avec une tache rouge. Les fruits sont des gousses ligneuses de forme ovale, mesurant jusqu’à 7 centimètres de long et 2 à 3 centimètres de large ; elles pendent des branches et, une fois les graines expulsées, les gousses se tordent. Les branches, les feuilles et les fruits sont couverts de petites épines, d’où son épithète.
Paubrasilia echinata croît au Brésil, et est endémique de la forêt atlantique, le long du littoral du pays sud-américain.
L’essence est essentiellement abattue pour son bois, utilisé en particulier en lutherie dans la confection d’archets.
Taxons
Paubrasilia echinata fait partie de la classe botanique des Magnoliopsida (ancienne division des Magnoliophyta), regroupant des plantes angiospermes dicotylédones.
Les auteurs du genre sont Haroldo Cavalcante de Lima (né en 1955) et Gwilym Peter Lewis (né en 1952). L’épithète spécifique latine echinata, echinus, fait référence au hérisson, et décrit les épines qui recouvrent certaines parties de l’arbre (feuilles et fruits).
Le terme vernaculaire de pernambouc provient du nom de la région du Nordeste, au Brésil, où les Portugais ont concentré leurs premières colonies au moment de l’exploration du continent américain.
Caractéristiques du bois
Paubrasilia echinata, comme tous les feuillus, forme un bois hétéroxylé.
Les grumes de cette essence sont utilisées en tant que matériau de fabrication, et commercialisées à l’international sous le nom de Brazilwood ou pau-brasil. C’est un bois très lourd et très dur, avec une densité (à 12% d’humidité) égale à 1,05 g/cm3. En regard, la densité du paulownia cotonneux (Paulownia tomentosa), un bois très peu dense, est de 0,28. Sa dureté est de 12 540 N selon le test de dureté Janka.
Le bois de cœur possède une couleur orange jaunâtre, parfois brun rougeâtre plus foncé. L’aubier est jaune blanchâtre. Le bois possède une texture fine et régulière avec un bon lustre naturel.
Ce bois est dénué d’odeur spécifique.
Usages
En lutherie, le pau-brasil est aujourd’hui le principal bois utilisé pour la confection d’archets. C’est l’archetier français François Xavier Tourte (1747-1835), dit Tourte le Jeune qui, parmi d’autres bois tropicaux importés du Brésil, découvre les propriété idéales de cette essence : grande densité et élasticité.
L’autre grand emploi du pernambouc est son usage tinctorial pour l’industrie textile : le bois de cœur fournit une teinture rouge violacé, dont la couleur est due à la brasiline ou brasiléine (molécule phénolique présente également dans les bois de Biancaea sappan, Caesalpinia violacea et Haematoxylum brasiletto), et dont la découverte par les Portugais a causé pour une part la surexploitation du bois de pernambouc.
La découverte du pernambouc en Amérique a en effet remplacé l’usage d’un autre bois tinctorial importé de l’Inde à partir du moyen-âge, le Biancaea sappan, bois de braise ou brésil, nommé d’après sa couleur et utilisé dans la teinture et dans l’enluminure pour les teintes roses et rouges ; c’est l’origine du nom du Brésil, où les explorateurs de la Renaissance ont découvert un grand approvisionnement en bois de brésil.
Statut de conservation de l’espèce
Cette espèce figure à l’annexe II de la CITES (espèces dont le commerce doit être restreint afin de garantir leur survie) et sur la liste rouge de l’UICN, comme espèce menacée.
- Cet article appartient à la série Bois tropicaux.
- Publié par Sambuc éditeur.