Nature et biologie. Le 12 avril 2025. Format : petite feuille (2 feuillets).
Nature et biologie
Océanographie : le projet Polar Pod à l’arrêt, la mise à l’eau reportée à 2027
Projet d’expédition océanographique en Antarctique
Le projet Polar Pod, navire vertical océanographique conçu pour dériver autour de l’Antarctique, est actuellement à l’arrêt en raison d’un différend entre l’Ifremer et les chantiers navals Piriou. Sa mise à l’eau, initialement prévue en 2023, est désormais envisagée pour 2027, malgré l’avancement du navire de soutien Persévérance déjà construit et les nombreux partenariats scientifiques engagés. Imaginé par l’explorateur Jean-Louis Étienne, le navire vertical Polar Pod devait révolutionner l’étude de l’océan austral en toutes saisons.
Le projet Polar Pod, ambitieux navire vertical océanographique conçu pour dériver autour de l’Antarctique, connaît un important retard. Selon des informations confirmées le 11 avril 2025, sa mise à l’eau ne devrait pas intervenir avant 2027, accusant ainsi au moins quatre années de retard sur le calendrier initial.
« On désespère mais, pour l’instant, ce n’est pas abandonné », a déclaré Elsa Peny-Étienne, directrice des expéditions, lors d’une escale à Brest du navire Persévérance, bâtiment de soutien du Polar Pod. L’arrêt du projet s’explique par un différend opposant l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), maître d’ouvrage, et les chantiers navals Piriou, chargés de la construction à Concarneau.
Bien que les parties concernées n’aient pas souhaité préciser la nature exacte de leur désaccord, des sources proches du dossier évoquent un litige sur les coûts de construction, modifiés après l’appel d’offres initial. L’Agence nationale de la Recherche (ANR) avait pourtant attribué une aide substantielle de 28 millions d’euros à l’Ifremer pour financer la construction du navire, son acheminement vers l’Afrique du Sud et une partie des essais post-construction.
Le dossier, qui devait être arbitré en réunion interministérielle en juin 2024, a subi un nouveau contretemps suite à la dissolution de l’Assemblée nationale. L’Ifremer indique avoir « envisagé différents scénarios » et transmis ces éléments aux ministères concernés, dont ils attendent désormais le retour.
Le Sommet de l’ONU sur les océans comme horizon du projet
Jean-Louis Étienne, médecin-explorateur à l’origine du projet, a exprimé sa frustration : « C’est un peu usant. Il y a 43 institutions de 12 pays qui se sont engagées sur le projet scientifique, des partenaires impliqués, et nous avons emprunté 7 millions d’euros pour construire Persévérance ». Ce navire de soutien, déjà opérationnel, a été baptisé en juin 2023, date initialement prévue pour la mise à l’eau du Polar Pod lui-même.
Fin 2022, le consortium Piriou-Ifremer prévoyait encore un début d’expédition au dernier trimestre 2024. Mme Peny-Étienne espère maintenant que le lancement de la construction sera annoncé lors du sommet de l’ONU sur les océans à Nice en juin prochain, pour une mise à l’eau en juin 2027.
Le concept du Polar Pod est unique : ce navire vertical doit accomplir le tour de l’Antarctique en 18 mois, sans moteur, porté uniquement par le courant circumpolaire. Les équipes scientifiques seraient relevées tous les deux mois par le navire Persévérance.
L’océan austral, qualifié par Jean-Louis Étienne de « principal puits de carbone océanique de la planète », reste paradoxalement l’un des moins étudiés. « On l’étudie essentiellement l’été, mais les missions hors période estivale sont inexistantes », souligne l’explorateur, rappelant l’intérêt majeur du Polar Pod qui permettrait « d’étudier cet océan en quatre saisons, avec zéro émission ».
- Publié par Sambuc éditeur.