Nature et biologie. Le 25 octobre 2025. Format : petite feuille (2 feuillets).
Nature et biologie
Une nouvelle grenouille venimeuse minuscule découverte en Amazonie péruvienne
Biodiversité et conservation
Des scientifiques ont découvert une nouvelle espèce de grenouille venimeuse minuscule dans le parc national Alto Purús, en Amazonie péruvienne. Nommée Ranitomeya hwata, elle ne mesure que 15 millimètres de long, et vit et se reproduit au creu des tiges de bambous du genre Guadua.
Une équipe internationale de scientifiques a découvert une nouvelle espèce de grenouille venimeuse dans le parc national Alto Purús, situé dans l’Amazonie péruvienne entre les régions d’Ucayalí et de Madre de Dios, à la frontière avec le Brésil. L’annonce a été faite le 7 octobre 2025 par le Service national des aires naturelles protégées par l’État du Pérou. Les résultats de cette recherche, fruit de plusieurs années d’investigations menées dans le bassin du fleuve Purús, ont été publiés dans la revue scientifique Zootaxa.
Baptisée Ranitomeya hwata, cette grenouille ne mesure qu’une quinzaine de millimètres, ce qui en fait l’une des plus petites espèces du genre Ranitomeya, qui compte une vingtaine de minuscules batraciens, mesurant au plus 20 mm de long. Elle se distingue par des rayures dorsales jaune vif, un motif ventral finement moucheté et une bande noire séparant la région gulaire du ventre. Comme les autres membres de son genre, elle arbore des couleurs éclatantes et présente un comportement reproductif particulier.
Cette espèce habite exclusivement les forêts de grands bambous du genre Guadua, un environnement spécifique de l’Amazonie. Les grenouilles utilisent les cavités naturelles creuses des tiges de bambou, où l’eau de pluie s’accumule, comme sites de reproduction. Les mâles de Ranitomeya hwata adoptent en outre un comportement polygynique notable : ils recrutent plusieurs femelles par site de reproduction, une caractéristique qui les distingue des autres espèces du genre Ranitomeya. La polygynie (comportement polygame dans lequel le mâle s’accouple avec plusieurs femelles) présente en effet un coût important pour l’individu.
Richesse biologique de l’Amazonie
La découverte a été réalisée par une équipe composée de sept chercheurs provenant de diverses institutions internationales. Parmi eux figurent Evan Twomey de l’Université Goethe de Francfort en Allemagne, Paulo R. Melo-Sampaio du Musée national de l’Université fédérale de Rio de Janeiro au Brésil, Jason L. Brown de l’Université du sud de l’Illinois aux États-Unis, Santiago Castroviejo-Fisher de l’Université de Séville en Espagne, Giussepe Gagliardi-Urrutia de l’Institut de recherches de l’Amazonie péruvienne, José M. Padial de l’Université de Grenade et du Muséum américain d’histoire naturelle, et Juan C. Chaparro du Musée de la biodiversité du Pérou.
La participation du chercheur péruvien Roberto Gutiérrez Poblete, du Musée d’histoire naturelle de l’Université nationale de San Agustín d’Arequipa et spécialiste du Service national des aires protégées, témoigne en outre de l’engagement des institutions péruviennes dans la recherche scientifique et la conservation de la faune et de la flore.
Cette découverte met en lumière l’importance cruciale des aires naturelles protégées comme refuges pour la biodiversité et les espèces encore inconnues de la science. Le parc national Alto Purús, qui abrite cette espèce nouvellement découverte, illustre la richesse biologique exceptionnelle de l’Amazonie péruvienne. Elle souligne également la nécessité de poursuivre les efforts de conservation de ces habitats fragiles et uniques.
- Publié par Sambuc éditeur.