Nature et biologie. Le 16 juillet 2026. dernière révision le 17 juillet 2026. Format : petite feuille (2 feuillets).
Nature et biologie
M. Trump réduit drastiquement deux zones protégées de l’Utah
Réduction de zones protégées aux États-Unis
Le décret signé lundi par Donald Trump réduisant drastiquement deux zones protégées de l’Utah ravive un conflit politique ancien. Cette décision intervient un an après que son prédécesseur avait restauré ces espaces, illustrant le contraste saisissant entre les orientations successives des administrations américaines concernant la gestion de ces réserves naturelles.
Donald Trump a signé lundi un décret portant sur le retranchement du périmètre de deux monuments nationaux situés en Utah : Grand Staircase-Escalante et Bears Ears. Ces deux sites verront leur superficie réduite respectivement de 90 % et 91 %, ouvrant ainsi la voie à une possible exploitation minière et pétrolière de ces réserves naturelles que le républicain avait déjà amputées lors de son premier mandat.
« Nous faisons quelque chose de très spectaculaire et de très important pour la population de l’Utah et pour la population de notre pays », a déclaré le Président américain au moment de signer le décret, tandis que le gouverneur républicain de l’Utah, Spencer Cox, justifiait cette réduction en soulignant que les zones protégées devraient couvrir « la plus petite superficie possible ».
Vive opposition amérindienne
Cette action s’inscrit dans un cycle répété de révisions législatives : en décembre 2017, lors de son premier mandat, Trump avait déjà annoncé réduire drastiquement ces deux zones respectivement de 85 % pour Bears Ears (créé en 2016 par Barack Obama) et de 45 % pour Grand Staircase-Escalante (établi en 1996 par Bill Clinton). Cependant, le président Joe Biden avait annulé ces réductions en 2021, restaurant Grand Staircase-Escalante à sa superficie de 7500 km² et agrandissant légèrement Bears Ears.
Cette nouvelle réduction suscite une vive opposition de la part des organisations de défense de l’environnement et des tribus amérindiennes. Thomas Delehanty, avocat de l’association Earthjustice, a indiqué que son organisation était prête à porter l’affaire devant les tribunaux, affirmant que la loi ne permettait pas au président de réduire ou supprimer ce type de zone protégée : seul le Congrès pouvait le faire. Par ailleurs, ces sites abritent plus de 100 000 sites archéologiques, dont des traces d’art rupestre datant d’au moins 5000 ans.
Les monuments nationaux aux États-Unis
Zones protégées similaires aux parcs nationaux, les monuments nationaux peuvent être créés par le président des États-Unis ou par le Congrès. C’est l’Antiquities Act de 1906 qui instaure le terme de national monument, et accorde aux présidents (par contraste avec les parcs nationaux, créés par une légifération du Congrès) la possibilité de proclamer « monument national » toute zone contrôlée ou possédée par le gouvernement fédéral. En septembre 1906, le président Theodore Roosevelt déclare le site de Devils Tower (Matȟó Thípila) premier monument national.
Les monuments nationaux incluent une grande diversité de lieux : des sites géologiques (la Petrified Forest dans l'Arizona, ou les Great Sand Dunes de la vallée de San Luis au Colorado, aujourd'hui devenus des parcs nationaux) et des réserves naturelles (le Grand Canyon, également devenu parc national en 1919), mais aussi des bâtiments patrimoniaux (le Fort Matanzas de Floride, ou plus récemment, en 2016, le Stonewall Inn, célèbre bar gay de Greenwich Village à New York).
- Publié par Sambuc éditeur.