Politique et institutions. Le 3 août 2026. Format : petite feuille (1 feuillet).
Politique et institutions
Le projet de fusion IRD-CNRS suscite des inquiétudes chez les chercheurs
Réforme de la recherche en France
Confirmé le 31 juillet 2026 par Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, un projet de rapprochement entre l’IRD et le CNRS divise la communauté scientifique. Présenté comme un effort de rationalisation de l’action publique, cette initiative suscite des craintes quant à la préservation de l’identité et de la mission unique de l’IRD, seule institution française pluridisciplinaire consacrée à la recherche pour le développement durable.
Le gouvernement français envisage, depuis juillet 2026, un rapprochement entre le Centre national de la recherche scientifique et l’Institut de recherche pour le développement, établissement basé à Marseille. Jean-Noël Barrot a justifié cette démarche comme un élément de la politique d’« État efficace » visant à rationaliser l’action publique ; le rapprochement doit permettre aux deux institutions de renforcer leur synergie sur des enjeux globaux tels que le climat, la biodiversité, la santé et les inégalités.
Une mission d’évaluation est en cours pour examiner les différents scénarios possibles. Des recommandations préalables sont attendues avant la fin 2026, tandis que les conclusions définitives doivent intervenir en mars 2027. Ce calendrier serré et le manque de concertation ont suscité des critiques immédiatement après l’annonce.
L’IRD, fondé en 1943 et employant plus de 2 300 agents, dont 1 565 personnels scientifiques, occupe une position singular en France : il demeure le seul organisme public consacré exclusivement à la recherche orientée vers le développement durable et solidaire. Présent dans environ cinquante pays, notamment en Afrique et autour de la Méditerranée, l’institut a développé une expertise reconnue internationalement, en particulier sur les enjeux entomologiques : ses travaux sur les moustiques-tigres, insectes originaires d’Asie du Sud-Est aujourd’hui établis sur la quasi-totalité du territoire français, ont contribué à élaborer des méthodes de lutte d’une efficacité remarquable.
Des directrices et directeurs scientifiques ont appelé le gouvernement, par voie de presse en juillet 2026, à suspendre un projet qu’ils jugent potentiellement dommageable pour la recherche française et sa capacité d’influence. La CFDT, syndicat majoritaire à l’IRD, a dénoncé une « fusion » menée « au pas de charge » sans véritable concertation. La métropole Aix-Marseille-Provence s’est également mobilisée pour défendre le maintien des missions et fonctions de l’IRD sur le territoire marseillais.
- Publié par Sambuc éditeur.