Sciences humaines. Le 17 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Rapa
Langue vivante minoritaire
Le rapa (reo ‘ōparo) est une langue minoritaire des régions françaises qui appartient au groupe des langues austronésiennes. Elle est usitée en Polynésie française.
Le rapa (reo ‘ōparo) est une langue régionale usitée en Polynésie française. En France, la langue connaît environ 300 locuteurs, courants ou occasionnels. Il s’agit de la langue historique des Polynésiens de Rapa.
Caractères linguistiques
Au sein de la classification généalogique des langues, la langue rapa se rattache au groupe des langues tahitiques de la famille des langues austronésiennes. Cette langue se constitue historiquement en une entité linguistique en Polynésie française.
Comme les autres langues tahitiques, la langue rapa possède une syntaxe à dominante VSO (verbe-sujet-objet).
Littérature du rapa
La langue rapa est une langue sans forme écrite. La littérature de langue rapa est formée de recueils réalisés par des linguistes.
Parmi les auteurs majeurs de la littérature rapa, on citera l’ethnologue australien John Stokes (1875-1960) – Ethnology of Rapa Island (1930) ; le voyageur Eugène Caillot (1866-1938) – Histoire de l’île Oparo ou Rapa, paru en 1932 – et l’archéologue et linguiste Pierre Vérin (1934-2010) – L’ancienne civilisation de Rurutu (1969). Jean-Michel Charpentier (1943-2014) et Alexandre François (né en 1972) ont également publié un Atlas linguistique de Polynésie française, paru en 2015.
Droit et institutions
« Sur décision de l’assemblée de la Polynésie française, la langue tahitienne peut être remplacée dans certaines écoles ou établissements par l’une des autres langues polynésiennes. »
Loi organique no 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française, art. 57, al. 5.
La Constitution de la Ve République dispose, en France : « La langue de la République est le français. » (art. 2 modifié en juin 1992), ce qui prescrit l’usage de la langue française dans la sphère publique et comme langue d’enseignement. Cette utilisation d’idiomes minoritaires comme la langue rapa n’est en revanche nullement rejetée, en particulier depuis que leur intérêt patrimonial a été reconnu par la même Constitution en 2008 (art. 75-1).
Actuellement, l’enseignement du rapa est l’objet d’une législation par la loi organique du 27 février 2004. D’autre part, le rapa est l’objet d’un cadre juridique depuis 1996, qui lui permet d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. En tant que langue régionale de France, l’enseignement de la langue rapa est codifié par le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) et le Code de la consommation (L. 121-33).
Son utilisation dans la sphère publique, la presse et les médias est normée par la loi Toubon (loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française) et la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Enfin, comme langue en danger de disparition, la langue rapa est citée dans l’édition 2010 de l’Atlas des langues en danger dans le monde édité par l’UNESCO.
Parmi les institutions actuelles qui promeuvent la langue rapa, sa pratique et son enseignement, se trouve la Direction de la culture et du patrimoine de la Circonscription des îles Australes (CAU).
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.