Sciences humaines. Le 17 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Paumotu
Langue vivante minoritaire
Le paumotu (reo pa’umotu) est une langue régionale des régions françaises, idiome de la famille des langues austronésiennes. Elle est employée en Polynésie française.
Le paumotu (reo pa’umotu) est une langue régionale usitée en Polynésie française. En France, la langue compte quelque 2 881 locuteurs, courants ou occasionnels. C’est la langue maternelle des Polynésiens des Tuamotu.
Typologie linguistique
Sous l’aspect de la classification généalogique, la langue paumotu se rattache au groupe des langues tahitiques au sein de la famille des langues austronésiennes. Cette langue constitue historiquement son unité linguistique en Polynésie française.
Comme les autres langues tahitiques, la langue paumotu est à dominante VSO (syntaxe verbe-sujet-objet).
Littérature
Le paumotu est véhiculé par la parole. La littérature en paumotu est formée de recueils de linguistes.
Parmi les auteurs ayant rassemblé et publié une littérature paumotu orale, on citera l’historien et voyageur Eugène Caillot (1866-1938) – Mythes, légendes et traditions des Polynésiens (1914). Deux linguistes, Jean-Michel Charpentier (1943-2014) et Alexandre François (né en 1972), ont également dirigé un Atlas linguistique de Polynésie française (2015).
Droit et institutions
« Le français, le tahitien, le marquisien, le paumotu et le mangarevien sont les langues de la Polynésie française. Les personnes physiques et morales de droit privé en usent librement dans leurs actes et conventions ; ceux-ci n’encourent aucune nullité au motif qu’ils ne sont pas rédigés dans la langue officielle. »
Loi organique no 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française, art. 57, al. 3.
La Constitution de la Ve République dispose, pour la France : « La langue de la République est le français. » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle no 92-554 du 25 juin 1992), ce qui exclut l’existence de droits-créances pour l’usage d’une autre langue que le français. Cet usage de langues régionales comme la langue paumotu n’est à l’inverse pas cantonné à la seule sphère privée, notamment depuis que la même Constitution leur a reconnu en 2008 une valeur comme patrimoine immatériel (art. 75-1).
Actuellement, l’enseignement de la langue paumotu est encadré à travers la loi organique du 27 février 2004. Au reste, depuis 1996, un dispositif légal spécifique permet au paumotu d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. Plus généralement, ce sont le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code de la consommation (L. 121-33) et le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) qui disposent de l’enseignement de la langue paumotu comme langue minoritaire en France.
La présence de la langue paumotu dans la sphère publique et dans les médias est normée par la loi relative à l’emploi de la langue française (loi Toubon), et la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Par ailleurs, en tant que langue menacée de disparaître, le paumotu est cité dans l’édition 2010 de l’Atlas des langues en danger dans le monde, édité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
Parmi les organisations actuelles qui promeuvent le paumotu, son enseignement et sa pratique on trouve l’Académie pa’umotu.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.