Sciences humaines. Le 25 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Kali’na
Langue vivante minoritaire
Le kali’na est une langue vivante minoritaire des territoires français, de la famille des langues caribes. Elle est employée en Guyane.
Langues de France - Kali’na
Le kali’na, aussi appelé galibi est une langue vivante minoritaire employée en Guyane. Au sein des régions et des territoires de France, la langue est utilisée par quelque 7000 locuteurs en tout pour le groupe des langues amérindiennes de Guyane, courants ou occasionnels. C’est la langue traditionnelle des Kali’nas.
Typologie linguistique
Le kali’na se rattache à la famille des langues caribes. Son implantation historique se situe en Guyane.
La langue kali’na est une langue SOV, soit sujet-objet-verbe. Selon la typologie morphologique, le kali’na est polysynthétique (combinant en un mot unique un grand nombre de morphèmes dont la réunion exigerait une phrase en français). Elle possède une typologie rythmique de langue syllabique.
Littérature de la langue kali’na
La langue kali’na est dépourvue de code écrit normalisé ; elle reste en outre incomplètement décrite. La littérature en galibi est composée de recueils d’ethnotextes.
Parmi les grands auteurs de la littérature sur la langue kali’na, on trouve l’agronome français La Salle de L’Étang (ca 1700-1765) – Dictionnaire galibi, paru en 1763 –, le magistrat et linguiste Lucien Adam (1833-1918) – Matériaux pour servir à l’établissement d’une grammaire comparée des dialectes de la famille caribe, paru en 1893 –, le cartographe Claudius Henricus de Goeje (1879-1955) – Études linguistiques Caraïbes, publié en 1910 – et la linguiste Odile Renault-Lescure – Contes amérindiens de Guyane (1987).
Droit et institutions
La Constitution de 1958 dispose, en France, du français en tant que « langue de la République » (art. 2 modifié en juin 1992), ce qui prescrit l’emploi de la langue française dans la sphère publique et l’enseignement. Ce recours à des langues minoritaires telles que le kali’na n’est néanmoins pas exclu l’espace public, surtout avec la reconnaissance de leur caractère comme patrimoine immatériel par l’article 75-1 de la même Constitution introduit en 2008.
Le kali’na est l’objet d’un cadre juridique depuis 1984, qui lui permet d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. Par ailleurs, ce sont le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code de la consommation (L. 121-33) et le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) qui disposent de l’enseignement du kali’na comme langue minoritaire de France.
L’utilisation de la langue kali’na dans la sphère publique et les médias est principalement normée par la loi Toubon (loi no 94-665 du 4 août 1994 sur l’emploi de la langue française), complétée de la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Au reste, comme langue en danger d’extinction, le kali’na est cité dans l’édition 2010 de l’Atlas des langues en danger dans le monde édité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
Le service Langues et Patrimoine de la collectivité territoriale de Guyane est au nombre des organisations promouvant la langue kali’na aujourd’hui.
Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
Publié par Sambuc éditeur.
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