Sciences humaines. Le 29 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Mahorais
Langue vivante minoritaire
Le mahorais est une langue minoritaire en France, de la famille des langues nigéro-congolaises. Elle est usitée à Mayotte.
Le mahorais, aussi appelé shimaoré est une langue minoritaire employée à Mayotte. Dans les régions et territoires de France, la langue connaît approximativement 147 000 locuteurs, courants ou occasionnels. Elle constitue la langue traditionnelle des Mahorais.
Classification linguistique
La langue mahoraise se rattache au groupe des langues bantu-comoriennes de la famille des langues nigéro-congolaises. Son implantation historique se situe à Mayotte.
Sur le plan de la morphologie, le mahorais est agglutinant (morphologie caractérisée par l’assemblage d’éléments basiques appelés morphèmes, porteurs chacun d’un trait grammatical précis).
Littérature de la langue mahoraise
La langue mahoraise est une langue sans code écrit ; elle demeure encore incomplètement décrite. La le mahorais a connu sous le sultanat de Zanzibar une situation de diglossie avec la langue arabe, qui reste aujourd’hui la langue de la religion.
Le voyageur anglais Thomas Herbert (1606-1682) est un des premiers occidentaux à fournir une description des langues comoriennes de Mayotte, dans le récit ses expéditions en Asie et en Afrique Some yeares travels into diverse parts of Asia and Afrique (Quelques années de voyages dans diverses régions d’Asie et d’Afrique, 1677). Charles Sacleux (1856-1943), missionnaire à Bagamoyo et Zanzibar à la fin du xixe siècle, est considéré comme l’initiateur en France des études sur les langues bantoues swahili ; il a également laissé de nombreux documents d’étude sur le comorien, édités dans la deuxième moitié du xxe siècle par Mohamed Ahmed Chamanga et Noël-Jacques Gueunier (Le dictionnaire comorien-français et comorien-français du R. P. Sacleux, 1979). On peut aussi citer la linguiste Marie-Françoise Rombi – Le Shimaore. Première approche d’un parler de la langue comorienne (1983) – et le linguiste Haladi Madi – Contribution à l’élaboration d’une description de référence du shimaoré (thèse, 2004).
Droit et institutions
La Constitution de 1958 dispose du français en tant que « langue de la République » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle no 92-554 du 25 juin 1992), ce qui prescrit l’usage du français dans la sphère publique et comme langue d’enseignement. À l’inverse, l’utilisation dans la sphère publique d’idiomes minoritaires tels que le mahorais n’est pas proscrite dans la sphère publique, d’autant plus avec la reconnaissance au sein de la Constitution, depuis 2008, de leur valeur comme patrimoine immatériel (art. 75-1).
Le mahorais est l’objet d’un dispositif normatif depuis 2001, qui lui permet d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. En tant que langue régionale des territoires français, l’enseignement de la langue mahoraise est codifié dans le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) et le Code de la consommation (L. 121-33).
Son usage dans la presse, les médias et la sphère publique est encadré au sein de la loi relative à l’emploi de la langue française, dite loi Toubon complétée de la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.