Technologie. Le 14 mars 2026. Format : petite feuille (2 feuillets).
Technologie
AMI, la startup de Yann Le Cun, lève 890 millions d’euros pour développer une IA du monde physique
Intelligence artificielle et recherche fondamentale
La start-up française AMI, cofondée par Yann LeCun, vient d’annoncer une levée de fonds colossale d’un milliard de dollars. Cette opération vise à financer le développement de modèles d’intelligence artificielle révolutionnaires, capables de comprendre le monde physique plutôt que de se limiter au traitement du langage.
Le 10 mars 2026, la jeune pousse AMI, créée par l’inventeur de l’apprentissage profond Yann Le Cun suite à son départ de chez Méta, a officialisé dans un communiqué une levée de fonds d’un milliard de dollars, soit environ 890 millions d’euros, destinée à soutenir la conception de modèles d’intelligence artificielle novateurs.
Contrairement aux architectures dominantes actuelles qui reposent sur le traitement du langage naturel, ces systèmes ambitionnent de modéliser la compréhension du monde physique, à l’instar des capacités cognitives animales et humaines. Cette première opération de financement, orchestrée par cinq fonds d’investissement, a suscité l’intérêt de géants industriels tels que Toyota, Nvidia et Samsung, ainsi que de figures emblématiques du secteur technologique comme l’ancien dirigeant de Google Eric Schmidt et le fondateur d’Amazon Jeff Bezos.
L’ex-vice-président Europe de Meta rejoint l’entreprise
Avant cette levée, l’entreprise affichait déjà une valorisation de 3 milliards d’euros, témoignant de la confiance des investisseurs envers cette approche alternative. La direction générale est assurée par Alexandre Lebrun, ancien responsable de la start-up française de santé Nabla ; Yann LeCun, chercheur français lauréat du prix Turing en 2018 — distinction considérée comme l’équivalent du prix Nobel en informatique — occupe quant à lui le poste de président non-exécutif. Établie à Paris, AMI dispose également de bureaux à New York, Montréal et Singapour, reflétant une ambition internationale dès sa genèse. Laurent Solly, précédemment vice-président Europe chez Meta, a rejoint l’aventure en qualité de responsable des opérations, renforçant ainsi l’équipe dirigeante.
Créer des modèles du monde
L’injection de capitaux doit permettre une accélération substantielle des recrutements, l’effectif devant atteindre entre vingt et trente collaborateurs à très brève échéance, selon les déclarations de M. LeCun. Le chercheur, qui a quitté Meta en novembre après douze années consacrées à diriger la recherche en intelligence artificielle au sein du groupe, entend poursuivre ses travaux avec ses cinq cofondateurs et franchir une étape décisive dans l’élaboration des « modèles du monde », également désignés sous l’appellation anglaise world models. Ces architectures se distinguent fondamentalement des modèles de langage de grande taille (Large Language Models, LLM) qui alimentent les agents conversationnels tels que ChatGPT ou Gemini.
La stratégie de développement privilégie une phase propédeutique centrée sur la recherche et le développement durant la première année, avant d’envisager des applications industrielles concrètes l’année suivante. L’horizon à moyen terme, établi entre trois et cinq ans, vise la production de systèmes intelligents universels susceptibles d’être déployés dans diverses applications nécessitant des machines dotées de capacités cognitives avancées, notamment la conduite autonome et la robotique. Yann LeCun, qui conserve par ailleurs son poste de professeur à l’université de New York, formule régulièrement des critiques à l’encontre de l’engouement excessif suscité par les modèles de langage, réaffirmant son positionnement en faveur d’un changement de paradigme dans le domaine de l’intelligence artificielle.
- Publié par Sambuc éditeur.