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Arts | Le 17 février 2026, par Sambuc éditeur. Dernière révision le 17 février 2026. Format : article (3 feuillets).


Salon officiel

Exposition d’art institutionnelle en France (XVIIe–XIXe siècles)

Pendant plus de deux siècles, le Salon officiel a tenu lieu de scène unique pour les artistes en quête de reconnaissance : consécration professionnelle, commandes d’État et naissance de la critique d’art s’y sont nouées, jusqu’à ce que l’institution cède face à ses divergences internes.

Pietro Antonio Martini, « Coup-d'oeil exact de l'arrangement des Peintures au Salon du Louvre, 1785 » (détail)
Pietro Antonio Martini, « Coup-d'oeil exact de l'arrangement des Peintures au Salon du Louvre, 1785 » (détail) © Sambuc éditeur, 2026

Fondée en 1648 sous Louis XIV à l’impulsion de Mazarin, l’Académie royale de peinture et de sculpture s’était donné pour mission de former et de rassembler les meilleurs artistes du royaume, leur permettant d’échapper à l’autorité des corporations de métiers pour accéder au statut d’artiste protégé par la monarchie. Son rôle propédeutique s’exerçait à travers plusieurs instruments complémentaires : l’École royale de peinture et de sculpture, chargée de transmettre la théorie de l’art et le dessin ; l’Académie de France à Rome, qui offrait aux lauréats du Prix de Rome l’opportunité d’étudier la tradition classique sur le sol même où elle avait fleuri ; les Conférences, forum public dédié aux débats de théorie artistique ; et enfin les Salons, expositions périodiques destinées à montrer les travaux des membres.

Au Salon carré du Louvre

C’est à partir de 1667 que l’Académie royale commence à organiser ces expositions avec une fréquence d’abord irrégulière, annuelle ou bisannuelle. Dès 1673, chaque édition est accompagnée d’un livret — terme d’époque désignant le catalogue imprimé des œuvres présentées — dont la série constitue aujourd’hui un outil précieux pour l’histoire de l’art. L’exposition prend le nom de « Salon » d’après le Salon carré du Louvre, où elle se tient de 1725 à 1848, et s’impose comme une institution sans équivalent dans l’Europe artistique du temps.

Pour les artistes, l’admission au Salon valait consécration professionnelle ; c’était le passage obligé pour lancer une carrière, l’une des rares occasions de soumettre ses œuvres au regard des amateurs et des critiques, et la voie d’accès principale aux commandes de l’État. Cette centralité fait également du Salon le lieu de naissance de la critique d’art en France au cours du xviiie siècle, dont Diderot constitue l’un des représentants les plus illustres avec ses Salons rédigés pour la Correspondance littéraire.

Révolution et création de l’Académie des beaux-arts

À partir de 1791, tous les artistes, membres ou non de l’Académie, sont admis à exposer, élargissement qui accroît le prestige de l’événement tout en rendant la sélection par jury inévitable. La Révolution française supprime les académies et crée en 1795 l’Institut national, au sein duquel une section des beaux-arts assure la continuité. En 1816, l’Académie des beaux-arts lui succède et reprend l’essentiel des attributions de l’ancienne Académie royale, dont la formation du jury du Salon, qu’elle exerce jusqu’en 1880.

Au xixe siècle, le Salon se tient au Louvre jusqu’en 1848, puis en divers lieux, avant de s’installer au Palais de l’Industrie à partir de 1857, sur l’emplacement de l’actuel Grand Palais. Ses dimensions y deviennent colossales et la tension entre les artistes refusés et les membres du jury — perçu comme le bras armé d’un académisme figé — atteint son paroxysme avec le célèbre Salon des refusés de 1863, inauguré par décision de Napoléon III pour répondre aux protestations des exclus.

En 1881, l’État se retire de l’organisation du Salon et laisse aux artistes le soin de s’administrer eux-mêmes. La Société des artistes français, fondée en 1882, prend le relais et installe son Salon au Grand Palais à partir de 1900. Mais la cohésion ne résiste pas longtemps : en 1890, une scission donne naissance à la Société nationale des beaux-arts, qui organise un salon rival au Palais des beaux-arts du Champ-de-Mars. Dans le même temps, de nouveaux salons émergent, portés par des sociétés d’artistes de plus en plus liées à des courants esthétiques particuliers, annonçant l’ère des expositions-manifestes des avant-gardes du xxe siècle.


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Ressources

Ressource : Le Salon officiel (1648-1880) (inha.fr)

Ressource : Salons et expositions artistiques (bnf.fr)

Ressource : Base de données documentaire Salons, 1673-1914 (salons.musee-orsay.fr)

Notions liées

Académie royale de peinture et de sculpture, Académie des beaux-arts, Salon des refusés, Société des artistes français, Société nationale des beaux-arts, Prix de Rome, critique d'art, jury du Salon, Palais de l'Industrie, avant-garde artistique


Entités nommées fréquentes : Salon, Académie, Louvre, État, Salons, Société.


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