Arts | Le 18 février 2026, par Luc Grampivf. Format : article (4 feuillets).
littérature & sciences humaines
Arts | Le 18 février 2026, par Luc Grampivf. Format : article (4 feuillets).
Commémorations de l’histoire de l’art
Un Toulousain spécialiste des portraits féminins au style renaissant, un collagiste américain du mouvement beat, un grand photographe de guerre : à l’occasion de leurs anniversaires, découvrez trois peintres et artistes des siècles passés.

En 1866, voici tout juste 160 ans, la ville de Toulouse voyait naître un 18 février l’illustrateur, miniaturiste, peintre et dessinateur français Joseph Granié (1866–1915), connu surtout pour ses portraits féminins teintés de symbolisme, et également grand enlumineur.
De père tapissier, il débute sa formation dans l’atelier de Jules Garipuy avant de la poursuivre à Paris chez le peintre académique Jean-Léon Gérôme. Dès dix-huit ans, il participe pour la première fois au Salon officiel en y exposant un autoportrait, puis se consacrera principalement aux portraits.
Granié est aujourd’hui connu pour ses portraits fins et détaillés, peints ou dessinés, majoritairement de figures féminines. Traditionnellement rattaché à la génération symboliste, il développe un style et des références qui l’apparentent plutôt aux préraphaélites anglais, avec lesquels il partage un goût prononcé pour la première Renaissance. Il compte aussi parmi les principaux enlumineurs Français de son époque.
On lui doit notamment le portrait de Marguerite Moreno conservé au musée d’Orsay et celui de Romain Rolland au musée des Beaux-Arts de Lyon. Le critique Louis Lacroix louait son talent de dessinateur et sa technique dans les portraits, le présentant comme « le disciple attardé de Clouet et des grands dessinateurs français du xvie siècle. »
En 1926, il y a de cela exactement un siècle, Staten Island (New York) voyait naître un 18 février l’artiste d’assemblage, auteur, sculpteur, cinéaste, collagiste, poète, photographe, graphiste et peintre américain Wallace Berman (1926–1976).
Originaire de New York, la famille de Wallace Berman s’installe à Los Angeles au milieu des années 1930. Renvoyé du lycée pour avoir joué aux dés au début des années 1940, la famille s’immerge alors dans la scène jazz de la côte ouest. Il fréquente brièvement la Jepson Art School et la Chouinard Art School, mais les quitte rapidement, jugeant l’enseignement trop académique.
En 1949, alors qu’il travaille dans une usine à restaurer des meubles anciens, il commence à fabriquer des sculptures à partir de chutes et de rebuts. Au début des années 1950, il est devenu un artiste à plein temps et une figure active de la communauté beat de Los Angeles et de San Francisco. Beaucoup d’historiens de l’art le considèrent comme le « père » du mouvement californien de l’assemblage.
Berman crée notamment les « Verifax collages », constitués de photocopies d’images de magazines et de journaux montées en collage, parfois rehaussées de zones de peinture acrylique. Il cherche ses influences non seulement dans son entourage beat, mais aussi dans le surréalisme, le mouvement dada et la Kabbale.
En 1957, sa première exposition à la Ferus Gallery de Los Angeles est interrompue par une descente de la brigade des mœurs — un épisode qui le pousse à fuir les galeries publiques pour diffuser son travail en dehors des circuits officiels, notamment à travers sa publication d’art postal Semina. Son unique film, Aleph, explore la vie, la mort, la politique et la culture pop. Il meurt le 18 février 1976 — jour de son 50e anniversaire — dans un accident de voiture à Topanga Canyon.
En 1936, il y a 90 ans, Rhuddlan au pays de Galles voyait naître un 18 février le photographe anglais Philip Jones Griffiths (1936–2008). Photographe de guerre, Griffiths est notamment connu pour avoir couvert la guerre du Viêt Nam pour l’agence Magnum Photos.
Au cours de sa formation, il étudie la pharmacie à Liverpool et travaille à Londres tout en photographiant à temps partiel pour le Manchester Guardian. En 1961, il devient pigiste à plein temps pour le London Observer. Il couvre la guerre d’Algérie en 1962, puis s’installe en Afrique centrale, avant de gagner l’Asie et de photographier au Viêt Nam de 1966 à 1971. Son livre sur la guerre, Vietnam Inc. (1971), cristallise l’opinion publique et donne forme aux réticences occidentales face à l’engagement américain au Viêt Nam. Constituant une des enquêtes les plus détaillées jamais menées sur un conflit, l’ouvrage est aussi un document approfondi sur la culture vietnamienne.
En 1980, Griffiths devient pour cinq ans le président de l’agence Magnum. Atteint d’un cancer au début des années 2000, il contribue à créer au pays de Galles une fondation conservant sa collection de clichés et ses archives, et destiné à la formation des jeunes photographes. Il meurt à l’âge de 72 ans, le 19 mars 2008 à Londres.
Luc Grampivf
Ressource : Joseph Granié (1861 - 1915) (musee-orsay.fr)
Ressource : Joseph GRANIÉ (musees-occitanie.fr)
Ressource : Wallace Berman, Art Is Love Is God, une introduction, 1957-1976 (archive.mamco.ch)
Ressource : Biography [Philip Jones Griffiths] (library.wales)
Entités nommées fréquentes : Viêt Nam, Wallace Berman.

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