Politique et institutions | Le 13 mars 2026, par Luc Grampivf. Format : petite feuille (2 feuillets).
littérature & sciences humaines
Politique et institutions | Le 13 mars 2026, par Luc Grampivf. Format : petite feuille (2 feuillets).
Politique numérique en Union européenne
Le 11 mars 2026, Madrid a accueilli le premier Forum contre la haine, inauguré par Pedro Sánchez. Experts, ministres et représentants des grandes plateformes numériques y ont débattu des moyens de contenir la propagation des discours hostiles à l’ère de l’intelligence artificielle.

Le gouvernement espagnol a organisé, le 11 mars 2026 à Madrid, la première édition du Forum contre la haine, une rencontre internationale destinée à examiner les mécanismes par lesquels les discours incitant à la violence fragilisent le tissu démocratique. Inauguré par le président du gouvernement Pedro Sánchez et clos par la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, l’événement a réuni des membres du gouvernement, des experts nationaux et internationaux, des représentants d’institutions onusiennes et européennes, ainsi que des cadres des principales plateformes de réseaux sociaux.
L’intelligence artificielle occupait une place centrale dans les débats : ses usages malveillants — amplification automatisée de contenus virulents, génération de faux témoignages ciblant des minorités — ont été mis en regard de ses potentialités protectrices, notamment dans la détection précoce des rhétoriques d’exclusion. Les participants ont ainsi examiné dans quelle mesure cette technologie pourrait devenir un rempart pour les démocraties européennes, plutôt qu’un simple vecteur de propagation de la haine.
La journée a également donné la parole à des personnes directement exposées au harcèlement numérique. L’analyste Sarah Santaolalla, l’ancien mineur étranger non accompagné Mohamed El Harrak, aujourd’hui travailleur social, et l’actrice et réalisatrice Abril Zamora ont témoigné de leur confrontation quotidienne à des propos dégradants en ligne ; leurs récits venaient rappeler que derrière chaque statistique de modération se trouvent des individus dont la dignité est mise en cause. Cette table ronde était animée par la ministre Elma Saiz.
La question des équilibres juridiques et institutionnels a structuré un autre temps fort du forum. Le ministre de la Transition numérique Óscar López, des représentantes du Conseil de l’Europe et de la Commission européenne, ainsi que la directrice du Centre d’information des Nations unies à Bruxelles ont débattu des tensions persistantes entre liberté d’expression, impératifs de sécurité et lutte contre la désinformation — véritable nœud gordien de la régulation de la parole dans l’espace public numérique. Le Haut-Représentant pour l’Alliance des civilisations des Nations unies, Miguel Ángel Moratinos, a pris la parole lors d’une intervention en ouverture de cette séquence.
La responsabilité des plateformes numériques a fait l’objet d’un dialogue distinct, auquel ont participé des représentants de TikTok, Google et Meta. L’objectif était d’examiner leurs pratiques proactives de modération et leurs données relatives au retrait de contenus hostiles — une démarche qui révèle à quel point la lutte contre les discours haineux repose désormais, pour une large part, sur des décisions privées aux contours peu transparents pour les citoyens et les régulateurs.
En marge des tables rondes, des interventions artistiques ont ponctué la journée : le chanteur Ismael Serrano et l’humoriste et acteur Lamine Thior, animateur du podcast (baladodiffusion) No hay negros en el Tíbet, ont offert un contrepoint sensible aux échanges institutionnels. Le forum s’est conclu par un colloque intitulé « Dans la ligne de mire de la haine », réunissant les ministres de la Jeunesse et de l’Égalité autour d’un constat partagé : les propos diffusés sur les réseaux sociaux visent souvent moins à convaincre qu’à déshumaniser, réduisant les personnes ciblées au silence par l’effet même de leur virulence.
Luc Grampivf
Ressource : El Gobierno celebra el I Foro contra el Odio para analizar los efectos del discurso de odio y la polarización (inclusion.gob.es)
Discours de haine, Désinformation, Intelligence artificielle, Modération en ligne, Réseaux sociaux, Liberté d’expression, Droits fondamentaux, Harcèlement numérique, Polarisation



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