Nature et biologie · « Humanités numériques ». Le 31 octobre 2026, par Raphaël Deuff. Format : petite feuille (2 feuillets).
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Nature et biologie · « Humanités numériques ». Le 31 octobre 2026, par Raphaël Deuff. Format : petite feuille (2 feuillets).
Programme de recherche international en neurosciences
Prédire la réponse d’un cerveau à un stimulus par simple modélisation ? Dix laboratoires internationaux se sont associés début octobre autour de cet objectif, avec le projet de réunir 15 000 heures d’activité cérébrale humaine, enregistrées pendant des jeux, des problèmes à résoudre et des prises de décisions : un référentiel inédit, qui a par ailleurs vocation à être ouvert à la recherche. L’entreprise Meta, qui fait figure d’un des principaux acteurs américains de l'intelligence artificielle, a subventionné ce projet à hauteur de 15 millions de dollars.

Dix laboratoires internationaux ont présenté, le 8 octobre dernier, un programme de recherche visant à modéliser le cerveau humain grâce à la collecte et au partage de données d’activité cérébrale. Baptisé Digital Brain Project (« projet de cerveau numérique »), il est coordonné par le neurochirurgien Pierre Bourdillon, de l’Hôpital de la Fondation Rothschild, pour qui la façon dont le cerveau perçoit, décide et agit demeure l’un des défis scientifiques les plus complexes.
Financé à hauteur de 15 millions de dollars par le groupe technologique américain Meta et mené avec l’Université de Montréal, le programme vise à constituer « le plus grand référentiel de données d’activité cérébrale humaine jamais recueillies ». Les équipes enregistreront l’activité de participants engagés dans des tâches cognitives complexes (jeux interactifs, résolution de problèmes, prise de décision), à l’intérieur d’appareils d’imagerie de haute précision.
Le calendrier est long : trois années devraient être nécessaires pour atteindre 15 000 heures d’enregistrement, et les premières données pilotes, permettant d'évaluer la viabilité de la méthode de collecte, sont attendues d’ici Noël. Chaque laboratoire examinera dix sujets, chacun pouvant passer jusqu’à 100 heures dans l’appareil, réparties en plusieurs séances, précise Jean-Rémi King, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), détaché chez Meta où il dirige l’équipe consacrée au cerveau et à l’intelligence artificielle (IA).
Un modèle performant pourrait prédire les réponses du cerveau à de nouveaux stimuli sans nouvel examen physique, et favoriser le diagnostic comme le traitement des maladies neurologiques. Il aiderait aussi à mieux comprendre le rôle des régions liées au langage, aux fonctions sensorielles ou motrices, et à anticiper les conséquences d’une lésion ou d’une exérèse (ablation chirurgicale) d’une partie du cerveau.
Les données seront diffusées sous licence libre, sans utilisation commerciale, et Jean-Rémi King écarte tout lien avec les produits de Meta. Au comité scientifique siègent notamment Lune Bellec, professeure de psychologie à l’Université de Montréal, selon qui l’IA et la neuroscience cognitive sont « mariées de longue date » ; y figure aussi Arthur Mensch, dirigeant de Mistral, dont la thèse portait sur la modélisation des mécanismes cognitifs du cerveau par l’IA.
Nature et biologie · « Humanités numériques ». Le 31 octobre 2026, par Raphaël Deuff. Format : petite feuille (2 feuillets).
Cet article appartient à la catégorie Nature et biologie.
Il fait partie de la série « Humanités numériques ».
Parenté de catégorie : Humanités numériques.
Parenté de catégorie : Économie et industries.
Publication : Sambuc éditeur.