Sciences humaines. Le 13 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Langues d’oïl
Famille de langues vivantes minoritaires
Les langues d’oïl sont une famille de langues vivantes minoritaires des régions françaises qui se rattachent au groupe des langues indo-européennes. Elles sont parlées en Europe dans différentes régions de la moitié nord de la France.
Les langues d’oïl sont un groupe de langues vivantes minoritaires usitées en Europe. En France, ces langues sont employées par approximativement 1 310 000 locuteurs, courants ou occasionnels.
Classification linguistique
Les langues d’oïl se rattachent au groupe des langues gallo-romanes, au sein de la famille des langues indo-européennes. Leur implantation historique se situe dans la partie nord de la France.
Les langues d’oïl sont des langues SVO, soit des langues à syntaxe sujet-verbe-objet. Du point de vue de la morphologie, il s’agit de langues flexionnelles (dont la forme des mots varie selon la syntaxe). Elles possèdent une rythmique accentuelle.
Littérature des langues d’oïl
Outre certains domaines d’oïl qui connaissent une littérature ancienne remontant au moyen-âge (La Chanson de Roland rédigée en anglo-normand, Chroniques de Jehan Froissart, etc.), l’écriture des langues d’oïl connaît un essor à compter du xviie siècle, dans les dialectes anglo-normand, d’Île-de-France et picard, mais également bourguignon, champenois et berrichon.
L’écriture de la langue d’oïl se fait dans l’alphabet latin.
Parmi les grands auteurs de la littérature d’oïl et de son étude, on note le poète Eugène Pelletier de Chambure (1813-1897) – Glossaire du Morvan, paru en 1878 –, le poète guernesiais George Métivier (1790-1881) ; le poète satirique David Ferrand (ca 1590-1660) pour le domaine normand – La Muse normande ou Recueil de plusieurs ouvrages facétieux en langue purinique ou gros normand (1625-1653) –, le poète Hector Crinon (1807-1870) – Satires picardes, parues en 1863 – et le dramaturge Édouard David (1863-1932) – Él muse picarde, paru en 1895 – pour le picard ; l’historien Prosper Tarbé (1809-1871) – Les Chansonniers de Champagne aux XIIe et XIIIe siècles (1850) – ou encore le conteur et poète Hugues Lapaire (1869-1967) – Le Patois berrichon, paru en 1903.
Droit et institutions
La Constitution du 4 octobre 1958 dispose, pour la France : « La langue de la République est le français. » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle no 92-554 du 25 juin 1992), ce qui exclut que quiconque puisse se prévaloir d’un droit à user d’une autre langue que le français. Ce recours à des idiomes régionaux tels que les langues d’oïl n’est en revanche nullement interdit, d’autant que la même Constitution leur reconnaît depuis 2008 une importance comme patrimoine immatériel (art. 75-1).
Les langues d’oïl sont l’objet d’un cadre législatif depuis 1983, qui leur permet d’être enseignées (nommément pour les idiomes gallo, normand, picard et poitevin) au concours d’instituteur (Arrêté interministériel du 8 juin 1983 relatif aux modalités d’organisation des concours spéciaux de recrutement d’instituteurs). Depuis 1993, le gallo fait également l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat.
En tant que langues régionales de France, l’enseignement des langues d’oïl a pour cadre légal général le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) et le Code de la consommation (L. 121-33). Les langues d’oïl sont enseignées dans les académies de Rennes (pour le gallo), Caen et Rouen (normand), d’Amiens et de Lille (picard) et de Limoges et Poitiers (poitevin). Leur emploi dans la presse, les médias et la sphère publique est principalement édicté au sein de la loi relative à l’emploi de la langue française, ou loi Toubon.
Le groupement d’associations Défense et promotion des langues d’oïl (DPLO) est une des institutions qui promeuvent aujourd’hui les langues d’oïl.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.