Sciences humaines. Le 21 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Créole rodriguais
Langue vivante minoritaire
Le créole rodriguais (kréol rodrige) est une langue minoritaire des territoires français qui se rattache au groupe des créoles à base lexicale française. Elle est parlée dans les Mascareignes à Rodrigues.
Le créole rodriguais (kréol rodrige) est une langue vivante minoritaire employée dans les Mascareignes. Tous pays confondus, la langue créole rodriguaise compte de nos jours 36 000 locuteurs approximativement. C’est la langue maternelle des Rodriguais.
Classification linguistique
Dans la classification généalogique la langue créole rodriguaise se rattache au groupe des créoles à base lexicale française de l’océan Indien, de la famille des créoles à base lexicale française. Cette langue constitue historiquement son unité linguistique dans la région de Rodrigues.
La langue créole rodriguaise possède une structure syntaxique SVO, soit une langue à ordre sujet-verbe-objet. Selon la typologie morphologique, il s’agit d’une langue agglutinante, soit dont la morphologie est caractérisée par l’assemblage de morphèmes, plus petit élément linguistique porteur d’un trait syntaxique. Elle possède une typologie rythmique syllabique.
Littérature
Comme l’ensemble des langues créoles, la langue créole rodriguaise est sans représentation écrite, et s’intègre dans le contexte d’un bilinguisme marqué, la langue créole, parlée, s’opposant à la langue écrite et littéraire (le français) – si l’on excepte de rares textes attestés aux xviiie et xixe siècles. La deuxième moitié du xxe siècle voit toutefois émerger une véritable littérature créole, à l’initiative d’écrivains engagés, souvent en parallèle d’une œuvre francophone.
Robert Chaudenson (1937-2020) a fait paraître des Textes créoles anciens. La Réunion et Île Maurice, publié en 1981 – et Jean-Louis Joubert (né en 1938) – Littératures de l’océan Indien, publié en 1991.
Droit et institutions
« Les langues créoles font partie du patrimoine national. »
Loi du 27 mai 2009 pour le développement économique des outre-mer, art. 73.
La Constitution de la Ve République dispose, pour la France : « La langue de la République est le français. » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle no 92-554 du 25 juin 1992), ce qui prescrit l’emploi de la langue française dans la sphère publique et comme langue d’enseignement. Cependant, ce recours à des langues régionales telles que le créole rodriguais n’est nullement exclu, notamment avec la reconnaissance de leur caractère patrimonial par la même Constitution en 2008 (art. 75-1).
Depuis 1983, un cadre légal spécifique permet au créole rodriguais d’être l’objet d’une épreuve au concours de professeur des écoles. Depuis 2004, la langue créole rodriguaise peut de même faire l’objet d’une épreuve facultative du baccalauréat.
Par ailleurs, en tant que langue minoritaire de France, l’enseignement de la langue créole rodriguaise a pour dispositif juridique le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code de la consommation (L. 121-33) et le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129). Son usage dans la sphère publique, la presse et les médias est principalement édicté au sein de la loi Toubon (loi relative à l’emploi de la langue française) et la loi no 2009-594 du 27 mai 2009.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.