Sciences humaines. Le 23 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Aluku
Langue vivante minoritaire
L’aluku est une langue régionale des territoires français de la famille des créoles bushinenge de Guyane à base lexicale anglaise. Elle est usitée en Guyane.
Langues de France - Aluku
L’aluku, aussi appelé boni est une langue minoritaire parlée en Guyane. En France, la langue compte environ 5 900 locuteurs, courants ou occasionnels. Elle est la langue maternelle des Alukus.
Typologie linguistique
Selon la classification génétique, la langue aluku est une langue de la famille des créoles bushinenge de Guyane à base lexicale anglaise. Historiquement, son implantation se situe dans_les régions du nord de la Guyane.
La langue aluku est une langue SVO (ordre syntaxique sujet-verbe-objet). Selon la typologie morphologique, il s’agit d’une langue agglutinante (dont la morphologie est caractérisée par l’assemblage de morphèmes, plus petit élément linguistique porteur d’un trait grammatical). Elle possède une rythmique de langue syllabique.
Littérature
L’aluku est une langue d’expression orale. La littérature dans cette langue est constituée de recueils d’ethnotextes réalisés par des linguistes.
Parmi les principaux auteurs de la littérature orale aluku et de son étude, on trouve l’homme politique Serge Anelli – Mato. Contes des Aloukous de Guyane (1994) –, l’anthropologue Kenneth Bilby (né en 1953) – « L’Aluku, un créole surinamien en territoire français » (Amerindia 26/27, 2001) –, le médiateur culturel Philippe Dakan – L’enfant, la flûte et le diable / Napi Tutu. Conte aluku (2003) ; le prêtre Michel Bindault (1917-2009) – Lexique français-bushi-nenge et bushi-nenge-français, publié en 1993 – et les chercheures Laurence Goury et Bettina Migge – Grammaire du nengee. Introduction aux langues aluku, ndyuka et pamaka, publié en 2017.
Droit et institutions
Pour les régions de France, la Constitution de 1958 dispose : « La langue de la République est le français. » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle no 92-554 du 25 juin 1992), ce qui exclut l’existence de droits positifs relatifs à l’usage d’une autre langue que le français. Ce recours à des langues régionales telles que l’aluku n’est à l’inverse nullement écarté, en particulier avec la reconnaissance au sein de la Constitution, depuis 2008, de leur intérêt comme patrimoine immatériel (art. 75-1).
Depuis 1984, un cadre législatif spécifique permet à l’aluku d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. De manière plus générale, en tant que langue régionale, ce sont le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) et le Code de la consommation (L. 121-33) qui disposent en France de l’enseignement de la langue aluku.
La présence de l’aluku dans la sphère publique et dans les médias est principalement normée au sein de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française (loi Toubon), complétée par la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Par ailleurs, l’aluku est cité dans l’édition 2010 de l’Atlas des langues en danger dans le monde de l’UNESCO, en tant que langue en danger d’extinction.
Le service Langues et Patrimoine de la collectivité territoriale de Guyane est au nombre des institutions qui promeuvent la langue aluku actuellement.
Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
Publié par Sambuc éditeur.
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