Sciences humaines. Le 26 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Wayana
Langue vivante minoritaire
Le wayana (Wayâna) est une langue vivante régionale de France qui appartient aux langues caribes. Elle est parlée en Guyane.
Le wayana (Wayâna) est une langue vivante minoritaire utilisée en Guyane. Au sein des territoires français, l’ensemble des langues amérindiennes de Guyane comptent approximativement 7000 locuteurs, courants ou occasionnels. Le wayana constitue la langue historique des Wayanas.
Typologies linguistiques
Sous l’aspect de la classification généalogique, le wayana se rattache à la famille des langues caribes. Historiquement, son implantation se situe en Guyane.
La langue wayana possède une structure syntaxique SOV, soit une langue à ordre syntaxique sujet-objet-verbe. Selon la typologie morphologique, le wayana est agglutinant : sa morphologie est caractérisée par l’assemblage d’éléments basiques appelés morphèmes, porteurs chacun d’un trait grammatical précis. Elle possède une typologie actancielle ergative.
Littérature du wayana
Le wayana est une langue de tradition orale ; elle demeure en outre imparfaitement décrite. La littérature dans cette langue est composée de publications de textes traditionnels réalisés par des linguistes.
Eliane Camargo et Hervé Rivière ont publié plusieurs textes dans cette langue, dont « Trois chants de guerre wayana » (Camargo et Rivière, Amerindia, 2001), « Le Japu faiseur de perles » (Bulletin annuel du Musée d’Ethnographie de la Ville de Genève, 1976) et « Le récit de la création chez les Indiens Wayana-Aparai du Brésil » (Bulletin annuel du Musée d’Ethnographie de la Ville de Genève, 1987) –, le cartographe néerlandais Claudius Henricus de Goeje (1879-1955) est l’auteur d’une étude sur la « Grammaire et [le] vocabulaire de la langue Oayana » (Études linguistiques caribes, t. II, 1946) – et Petronila da Silva Tavares – A grammar of Wayana, publié en 2005.
Droit et institutions
Sur les territoires français, la Constitution de 1958 dispose : « La langue de la République est le français. » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle du 25 juin 1992), ce qui exclut l’existence de droits-créances pour l’emploi d’une autre langue que le français. Cet usage de langues régionales telles que la langue wayana n’est à l’inverse pas écarté de l’espace public, d’autant que l’article 75-1 de la même Constitution leur reconnaît depuis 2008 une valeur comme patrimoine immatériel.
Le wayana est l’objet d’un dispositif législatif depuis 1984, qui lui permet d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. En tant que langue régionale des territoires français, l’enseignement du wayana a pour cadre législatif général le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code de la consommation (L. 121-33) et le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129).
Son usage dans la sphère publique, la presse et les médias est principalement défini au sein de la loi no 94-665 relative à l’emploi de la langue française, ou loi Toubon, complétée de la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Le service Langues et Patrimoine de la collectivité territoriale de Guyane compte parmi les organismes promouvant aujourd’hui la langue wayana, sa pratique et son enseignement.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.