Sciences humaines. Le 27 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Arawak
Langue vivante minoritaire
L’arawak (Lokono Dian) est une langue vivante minoritaire usitée en France, de la famille des langues arawak. Elle est usitée en Guyane.
L’arawak, ou lokono (Lokono Dian) est une langue vivante régionale utilisée en Guyane. En France, le groupe des langues amérindiennes de Guyane connaît en tout 7000 locuteurs environ, courants ou occasionnels. Il s’agit de la langue maternelle des Lokono-Arawak.
Typologies linguistiques
La langue arawak de Guyane est une langue de la famille des langues arawak. Cette langue se forme historiquement en une entité linguistique dans les régions de Guyane.
L’arawak est de structure syntaxique à dominante SVO (ordre syntaxique sujet-verbe-objet). Selon la typologie morphologique, l’arawak est polysynthétique (langue dans laquelle chaque mot est composé de nombreux morphèmes).
Littérature
Le lokono est une langue de tradition orale ; elle demeure en outre incomplètement décrite. La littérature arawak de Guyane est composée de recueils d’ethnotextes réalisés par des linguistes.
La langue arawak est documentée pour la première fois à la fin du xvie siècle, par l’explorateur anglais Robert Dudley (1574-1649), puis au xviie siècle par le géographe néerlandais Johannes de Laet (1581-1649) – De Novus Orbis (Du Nouveau Monde, 1633), qui en donnent de petits lexiques1. À la fin du xixe siècle, les ethnologues et linguistes Crevaux, Adam et Sagot publient dans la Bibliothèque linguistique américaine une grammaire et un vocabulaire « arrouage »[/i] (1882). L’officier et cartographe néerlandais Claudius Henricus de Goeje (1879-1955) est aussi l’auteur de la monographie The Arawak Language of Guiana (1928). La linguiste française Marie-France Patte a également étudié la Structure de l’énoncé en Arawak des Guyanes (thèse de Doctorat, 2003) et a surtout donné une publication de Contes arawak des Guyanes (2011). Enfin, le linguiste néerlandais Konrad Rybka est l’auteur d’une revue des connaissances sur la famille linguistique, State-of-the-Art in the Development of the Lokono Language, paru en 2015.
Droit et institutions
La Constitution de 1958 dispose, en France, du français en tant que « langue de la République » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle du 25 juin 1992), ce qui prescrit l’utilisation de la langue française dans la sphère publique et l’enseignement. En retour, ce recours à des langues minoritaires telles que la langue arawak n’est pas exclu de la sphère publique, en particulier avec la reconnaissance au sein de la Constitution, depuis 2008, de leur caractère patrimonial (art. 75-1).
L’arawak est l’objet d’un cadre légal depuis 1984, qui lui permet d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. Par ailleurs, en tant que langue minoritaire, ce sont le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code de la consommation (L. 121-33) et le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) qui disposent de l’enseignement de l’arawak dans le droit français.
La présence de la langue arawak dans la sphère publique et les médias est normée au sein de la loi Toubon (loi sur l’emploi de la langue française), et la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Parmi les organisations qui promeuvent la langue arawak de Guyane, son enseignement et sa pratique aujourd’hui, on compte le service Langues et Patrimoine de la collectivité territoriale de Guyane.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.