Sciences humaines. Le 30 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Wallisien
Langue vivante minoritaire
Le wallisien (fakaʻuvea) est une langue vivante régionale des territoires français qui appartient à la famille des langues austronésiennes. Elle est parlée à Wallis-et-Futuna sur l'île de Wallis.
Le wallisien (fakaʻuvea) est une langue vivante minoritaire parlée sur le territoire ultramarin de Wallis-et-Futuna. La langue connaît aujourd'hui environ 20 000 locuteurs, courants ou occasionnels. C’est la langue historique des Wallisiens.
Classification linguistique
Le wallisien se rattache au groupe des langues polynésiennes, au sein de la famille des langues austronésiennes. Son implantation d’origine se situe dans Wallis.
Le wallisien est une langue VSO (verbe-sujet-objet). Selon la typologie actancielle, il s’agit d’une langue ergative, soit une langue à l’objet direct ou au sujet des verbes intransitifs marqués avec un même cas grammatical, l’absolutif, qui s’oppose au cas des sujets de verbes transitifs, marqués de l’ergatif.
Littérature du wallisien
Le wallisien est une langue qui ne possède pas de système d’écriture. La littérature wallisienne est formée de recueils de textes traditionnels réalisés par des linguistes. L’écrit a récemment fait l’objet d’une codification sur un projet du CNRTL.
Les premières observations sur le wallisien sont dues à l’homme politique allemand Hans Conon von der Gabelentz (1807-1874), dans Les langues mélanésiennes (Die melanesischen Sprachen, ..., 1861), puis au linguiste britannique Sidney Herbert Ray (1858-1939) au début du xxe siècle. En 1932, le prêtre missionnaire français Pierre Bataillon (1810-1877) publie une grammaire et un dictionnaire sur la Langue d’Uvea (Wallis).
Parmi les travaux plus récents, on mentionnera une monographie de la linguiste française Claire Moyse-Faurie (Te Lea Faka’uvea. Le Wallisien, 2016). Le linguiste allemand Karl Heinz Rensch a également publié à la fin du xxe siècle des textes de tradition orale de Wallis dans Fagana Mai Uvea: lau tohi ke te’u fanau ‘ako liliki (1982), ainsi qu’un Dictionnaire wallisien-français (Tikisionalio fakauvea-fakafalani, 1984).
Droit et institutions
Pour les régions de France, la Constitution de la Ve République dispose : « La langue de la République est le français. » (art. 2 modifié en juin 1992), ce qui prescrit l’usage du français dans la sphère publique et dans l’enseignement. Cet usage de langues régionales telles que la langue wallisienne n’est toutefois nullement proscrit, en particulier depuis que leur valeur patrimoniale est reconnue par la même Constitution (art. 75-1, créé en 2008).
Comme langue régionale de France, l’enseignement du wallisien a pour dispositif juridique global le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) et le Code de la consommation (L. 121-33).
Sa présence dans la sphère publique et dans les médias est principalement définie par la loi Toubon (loi du 4 août 1994 sur l’emploi de la langue française), ainsi que par la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
L’Académie des langues wallisienne et futunienne est l’une des institutions qui promeuvent actuellement le wallisien.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.