Sciences humaines. Le 31 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Futunien
Langue vivante minoritaire
Le futunien (fakafutuna) est une langue régionale des régions françaises de la famille des langues austronésiennes. Elle est usitée à Wallis-et-Futuna sur l'île de Futuna.
Le futunien (fakafutuna) est une langue vivante minoritaire employée dans la collectivité d'outre-mer de Wallis-et-Futuna. Dans les territoires français, la langue connaît approximativement 10 000 locuteurs, courants ou occasionnels. Sur l’ensemble de la planète, la langue futunienne compte de nos jours 10 000 locuteurs approximativement. Elle est la langue traditionnelle des Futuniens.
Typologies linguistiques
Dans la génétique linguistique, la langue futunienne se rattache au groupe des langues polynésiennes, au sein de la famille des langues austronésiennes. Son implantation historique se situe dans la région de Futuna.
La langue futunienne est une langue VSO, soit une langue à ordre verbe-sujet-objet. Du point de vue de la structure d’actance, la langue futunienne est ergative (objet direct et sujet des verbes intransitifs marqués par un même cas grammatical, l’absolutif, qui s’oppose au cas des sujets de verbes transitifs, marqués par l’ergatif).
Littérature de la langue futunienne
Le futunien est une langue traditionnellement non écrite. La littérature en fakafutuna est composée de recueils de contes ou poèmes traditionnels réalisés par des linguistes. La codification de son écriture a récemment été élaborée par le CNRTL.
Les premières œuvres recueillies de la littérature orale de Futuna ont été transcrites entre 1842 et 1855 par le missionnaire Louis-Catherin Servant (1807-1860), lors de son séjour à Futuna. L’ethnographe Edwin Grant Burrows (1891-1958) est également à l’origine du recueil Songs of Uvea and Futuna (1945), mêlant des textes de Wallis et de Futuna. Plus récemment, on peut indiquer les différents travaux de collecte et d’étude menées par les chercheurs Raymond Mayer et Malino Nau sur les traditions orales de Wallis et Futuna, ainsi qu’une publication de Daniel Frimigacci et al., Kole le fonu tu’a limulimua (La tortue au dos moussu). Textes de tradition orale de Futuna (1995).
Parmi les premières études linguistiques sur le futunien, le père Isidore Grézel publie en 1878 un Dictionnaire Futunien-Français, avec notes grammaticales. Parmi les publications récentes, on peut mentionner le Tikisionalio fakafutuna-fakafalani (Dictionnaire futunien-français, 1986) du linguiste Karl Heinz M. Rensch, et les travaux de la linguiste Claire Moyse-Faurie : un Dictionnaire futunien-français, avec index français-futunien (1993) et une Grammaire du Futunien (1997).
Droit et institutions
En France, la Constitution d’octobre 1958 dispose du français en tant que « langue de la République » (art. 2 modifié en juin 1992), ce qui prescrit l’emploi de la langue française dans la sphère publique et comme langue d’enseignement. En retour, ce recours à des idiomes minoritaires tels que le futunien n’est pas prohibé, d’autant que l’article 75-1 de la même Constitution leur reconnaît depuis 2008 un caractère patrimonial.
Comme langue régionale des territoires français, l’enseignement de la langue futunienne a pour cadre juridique le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code de la consommation (L. 121-33) et le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129).
Son usage dans la sphère publique, la presse et les médias est encadré au sein de la loi no 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française, dite loi Toubon et la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Au nombre des organisations promouvant aujourd’hui la langue futunienne, se trouve l’Académie des langues wallisienne et futunienne.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.