Sciences humaines. Le 31 décembre 2024. Format : article (3 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Arabe algérien
Langue vivante minoritaire
L’arabe algérien (الجزايريّة, al-jazāyriya) est une langue vivante régionale des régions françaises qui appartient à la famille des langues chamito-sémitiques. Ses locuteurs se situent en Europe et au Maghreb dans les régions arabophones d’Algérie.
L’arabe algérien, aussi appelé arabe dialectal algérien (الجزايريّة, al-jazāyriya) est une langue minoritaire employée par les Algériens au Maghreb, ainsi que dans les diasporas en Europe. Au sein des territoires de France, on compte approximativement 950 000 locuteurs pour l’ensemble des arabes dialectaux maghrébins, courants ou occasionnels.
Typologie linguistique
Dans la perspective de la génétique des langues, la langue arabe algérienne appartient au groupe de l’arabe maghrébin au sein de la famille des langues chamito-sémitiques. Cette langue constitue historiquement son unité linguistique dans l’Algérie.
La langue arabe algérienne est une langue VSO, soit une langue verbe-sujet-objet.
Littérature de la langue arabe algérienne
À l’instar des autres dialectes d’arabe maghrébin, l’arabe algérien est un idiome de tradition orale. Les différentes variantes d’arabes dialectaux possèdent aussi, en particulier au Moyen-Orient, une tradition de littérature populaire relativement mal connue, qui a été l’objet de publications savantes de textes à partir du xxe siècle (Sobhi Boustani et Marie-Aimée Germanos, 2016).
De tradition principalement orale, l’arabe algérien utilise l’alphabet arabe pour l’écriture.
La notion « d’arabe vulgaire » date du xviie siècle, où elle apparaît sous la plume de franciscains en mission dans des communautés chrétiennes du Moyen-Orient (Sylvette Larzul, 2010). Les dialectes arabes maghrébins commencent ensuite à être décrits (grammaires et vocabulaires) à partir du xixe siècle, en particulier à partir des années 1830 : par l’interprète militaire Joanny Pharaon en 1832 (Grammaire élémentaire d’arabe vulgaire), par l’ingénieur Jean-Joseph Marcel cinq ans plus tard (Vocabulaire français-arabe des dialectes vulgaires africains, 1837), etc.
Au début du xxe siècle, l’arabe algérien est étudié par l’orientaliste français William Marçais (1872-1956) — Le dialecte arabe parlé à Tlemcen, 1902 ; Le dialecte arabe des Ûlâd Brâhîm de Saïda, 1906 — puis par son fils Philippe Marçais (1910-1984) — Contribution à l’étude du parler arabe de Bou-Saâda, 1945 ; Le parler arabe de Djidjelli (nord constantinois, Algérie), 1956. William et Philippe Marçais ont également recueilli des textes dans le dialecte algérien : Textes arabes de Takroûna (W. Marçais et Abderrahman Guiga, 2 vol., 1925-1926) ; Textes arabes de Djidjelli, nord constantinois, Algérie (Ph. Marçais, 1954). L’universitaire algérien Lies Maïri est également l’auteur d’une bibliographie sur les études linguistiques de l’arabe algérien (« A Bibliography of Algerian Arabic », Zeitschrift für Arabische Linguistik, 1987).
Sur l’ensemble des dialectes arabes, enfin, les orientalistes Wolfdietrich Fischer (1928-2013) et Otto Jastrow sont les auteurs d’un Manuel de référence, Handbuch der arabischen Dialekte (1980).
Droit et institutions
Pour les régions de France, la Constitution du 4 octobre 1958 dispose du français en tant que « langue de la République » (art. 2 modifié en juin 1992), ce qui exclut l’existence de droits positifs relatifs à l’utilisation d’une langue autre que le français. Cette utilisation de langues régionales telles que l’arabe algérien n’est en revanche pas rejetée à la seule sphère privée, notamment depuis que leur intérêt comme patrimoine immatériel a été reconnu par la même Constitution en 2008 (art. 75-1).
Comme langue minoritaire des territoires français, l’enseignement de l’arabe algérien a pour cadre juridique général le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) et le Code de la consommation (L. 121-33). Par ailleurs, la langue arabe algérienne est enseignée à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).
Son usage dans les médias et la sphère publique est encadré au sein de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française (loi Toubon).
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.