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Richard Wagner

Du Métier de virtuose

Et de l’indépendance des compositeurs

(Couverture : Du Métier de virtuose)

Édition accompagnée d’un dossier : note sur l’édition, notice, notes et glossaire sur les notions importantes. . Coll. « Petits Plis ».

48 pages, 105×148 mm.
mars 2026 | 9782491181796

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6,40 €


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L’interprète trahit-il le compositeur en cherchant à briller ? Ou donne-t-il, par sa propre sensibilité, vie à une oeuvre que la partition ne faisait qu’esquisser ? Dans cette « fantaisie esthétique », écrite en 1840 pour la Revue et Gazette musicale de Paris, Richard Wagner s’attaque à la rivalité qui oppose compositeur et virtuose, et défend une vision exigeante de l’interprétation, où fidélité et liberté créative doivent trouver un équilibre délicat.

Le musicien qui veut, aujourd’hui, conquérir la sympathie des masses, est forcé de prendre pour point de départ cet amour-propre intraitable des virtuoses, et de concilier avec une pareille servitude les miracles qu’on attend de son génie.

Wagner

Compositeur, directeur de théâtre, chef d’orchestre, Richard Wagner fut aussi une plume prolifique, dans sa correspondance mais aussi par d’originaux essais sur l’art musical et ses évolutions modernes.

Dans ce texte, écrit en 1840 pour la Revue et Gazette musicale de Paris, Wagner interroge la relation complexe qui lie le compositeur et son interprète. À une époque où les chanteurs italiens règnent sur la scène lyrique européenne et où le public se presse pour applaudir leurs prouesses vocales, Wagner observe que l’exécution musicale s’est peu à peu affranchie de l’œuvre qu’elle est censée servir. Les compositeurs eux-mêmes en viennent à écrire pour flatter les qualités d’un ténor ou d’une prima donna, au détriment de toute ambition dramatique. L’exemple de Don Giovanni de Mozart, rendu méconnaissable par les plus grands chanteurs du Théâtre-Italien, donne à cette critique toute sa force concrète.

Mais Wagner ne condamne pas la virtuosité en elle-même. En développant l’idée d’une « vérité essentielle cachée dans l’art musical », il défend une interprétation qui ne dénature pas l’œuvre au profit du seul effet. L’interprète fidèle, celui qui se pénètre de la pensée du compositeur, accomplit alors un véritable travail créateur — bien plus difficile, et bien plus noble, que l’exhibition de son habileté personnelle.

Polémique et truculent, ce texte de jeunesse éclaire les convictions esthétiques qui guideront toute la carrière de Wagner. Il intéressera les mélomanes comme les lecteurs curieux des rapports entre création et interprétation. La présente édition est accompagnée d’une notice biographique, de notes et d’un glossaire.

Wagner et la Revue et Gazette musicale de Paris

Lorsqu’il rédige sa chronique « Du métier de virtuose » en 1840, Richard Wagner a vingt-sept ans et vient de s’installer à Paris pour la première fois. La Revue et Gazette musicale de Paris, fondée par François-Joseph Fétis (1784-1871), lui offre une tribune où il publiera une dizaine de chroniques, récits et essais. Ces textes parisiens, premiers écrits de Wagner et qui témoignent de la vie musicale de l’époque, ont été réunis en 1898 par le musicologue Henri Silège.

Virtuosité et interprétation musicale au XIXe siècle

Le XIXe siècle est l’âge d’or du virtuose. Sur la scène de concert comme à l’opéra, l’interprète occupe le devant de la scène, au point de reléguer parfois le compositeur au second plan. Les compositeurs, pour accéder au succès, se trouvent contraints d’écrire des « morceaux concertants » taillés sur mesure pour tel ou tel chanteur, sacrifiant l’idée musicale aux exigences du virtuose.

L’opéra italien et le Théâtre-Italien de Paris

Une part importante de l’essai est consacrée à l’école italienne de chant et à son influence sur la musique dramatique. Wagner reconnaît volontiers le talent exceptionnel des chanteurs italiens — il cite en particulier la basse Luigi Lablache —, mais il leur reproche d’avoir réduit l’opéra à une suite d’exhibitions vocales où l’action dramatique, les chœurs et l’orchestre ne comptent pour ainsi dire plus. Le Théâtre-Italien de Paris, scène où se produisent les grands artistes italiens de l’époque, lui sert de constat pour le paradoxe central de son essai : des interprètes capables de créer l’illusion de la profondeur dans des ouvrages légers échouent devant un chef-d’œuvre comme le Don Giovanni de Mozart, dont la richesse musicale exige précisément la fidélité qu’ils ont désappris à pratiquer.

L’allégorie du joyau : une « fantaisie esthétique »

Wagner sous-titre son essai « Fantaisie esthétique d’un musicien », et l’ouvre en effet par un long récit allégorique. Un joyau éclatant qui gît enfoui sous des ruines ; des mineurs creusant un labyrinthe de galeries pour l’atteindre ; un « pauvre mineur de Salzbourg » qui parvient jusqu’au trésor et un « mineur de Bonn » que l’éblouissement rend aveugle : le lecteur reconnaît aisément, derrière ces figures, Mozart et Beethoven, et derrière le joyau, ce que Wagner appelle le « secret magique, idéal, de l’art musical ». Cette allégorie donne au texte sa dimension littéraire et pose le cadre de toute la réflexion qui suit : la musique recèle une vérité profonde, et la question est de savoir par quels moyens — composition ou interprétation — on peut y accéder sans la détruire.


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Richard Wagner : Du Métier de virtuose

Collection : Petits Plis

Prix de l’ouvrage : 6,40 €.

Format : 48 pages, 105×148 mm.

Parution : mars 2026.

ISBN : 9782491181796


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L’auteur : Richard Wagner

Compositeur allemand de la période romantique, dramaturge et metteur en scène, Richard Wagner naît à Leipzig le 22 mai 1813. À l’origine d’une conception de l’opéra comme œuvre d’art totale, Wagner est célèbre aujourd’hui pour les œuvres dramatiques dont il compose musique et livrets : Tannhäuser (1845), Tristan et Isolde (1865), cycle de L’Anneau du Nibelung (1869-1876)... Il instaure à Bayreuth, en 1872, un festival qui demeure aujourd’hui encore attaché à l’œuvre et à l’héritage wagnérien. Richard Wagner meurt à Venise le 13 février 1883.


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