Sciences humaines. Le 20 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Créole mauricien
Langue vivante minoritaire
Le créole mauricien (kréol morisien) est une langue vivante régionale de France qui appartient aux créoles à base lexicale française. Elle est usitée dans les Mascareignes sur l’île Maurice.
Le créole mauricien (kréol morisien) est une langue vivante régionale parlée dans les Mascareignes. Dans l’ensemble du monde, la langue créole mauricienne compte de nos jours approximativement un million de locuteurs. Elle est la langue historique des Mauriciens.
Typologie linguistique
Dans la perspective de la généalogie des langues, le créole mauricien se rattache au groupe des créoles à base lexicale française de l’océan Indien, au sein de la famille des créoles à base lexicale française. Cette langue se constitue en une entité linguistique dans la région de Maurice.
Le créole mauricien est une langue SVO (syntaxe sujet-verbe-objet). Selon la typologie morphologique, la langue créole mauricienne est une langue agglutinante (dont la morphologie est caractérisée par l’assemblage d’éléments basiques appelés morphèmes, porteurs chacun d’un trait grammatical précis). Elle possède une rythmique syllabique.
Littérature
Comme l’ensemble des langues créoles, la langue créole mauricienne est de tradition orale, et se trouve dans une situation de diglossie, la langue parlée créole s’opposant à la langue écrite et littéraire (le français), mis à part pour de rares textes attestés aux xviiie et xixe siècles. À l’initiative d’écrivains engagés, la deuxième moitié du xxe siècle a pourtant vu naître une littérature en langue créole, le plus souvent composée en parallèle d’une œuvre francophone.
Parmi les principaux contributeurs à l’étude de la littérature créole mauricienne orale, on peut citer François Chrestien (1767-1846) – Les Essais d’un Bobre africain, publié en 1822. Robert Chaudenson (1937-2020) a également fait paraître des Textes créoles anciens. La Réunion et Île Maurice, publié en 1981 – et Jean-Louis Joubert (né en 1938) est l’auteur de l’ouvrage Littératures de l’océan Indien (1991).
Droit et institutions
« Les langues créoles font partie du patrimoine national. »
Loi du 27 mai 2009 pour le développement économique des outre-mer, art. 73.
Sur les territoires français, la Constitution du 4 octobre 1958 dispose du français en tant que « langue de la République » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle du 25 juin 1992), ce qui prescrit l’utilisation de la langue française dans la sphère publique et dans l’enseignement. À l’inverse, ce recours à des idiomes régionaux comme le créole mauricien n’est pas restreint à la seule sphère privée, d’autant que la même Constitution leur reconnaît depuis 2008 une valeur patrimoniale (art. 75-1).
La langue créole mauricienne est l’objet d’un dispositif juridique depuis 1983, qui lui permet de donner lieu à une épreuve au concours d’instituteur. Depuis 2004, le créole mauricien donne également lieu à une épreuve facultative du baccalauréat.
En tant que langue minoritaire des territoires français, l’enseignement de la langue créole mauricienne est légiféré en général par le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) et le Code de la consommation (L. 121-33). Son usage dans les médias et la sphère publique est quant à elle normé au sein de la loi no 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française, ou loi Toubon, complétée de la loi no 2009-594 du 27 mai 2009.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.