Sciences humaines. Le 22 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Saramaka
Langue vivante minoritaire
Le saramaka (saamaka) est une langue régionale des régions françaises qui forme un idiome de la famille des créoles bushinenge de Guyane à base lexicale anglo-portugaise. Elle est parlée en Guyane.
Langues de France - Saramaka
Le saramaka, ou saamaka (saamaka) est une langue vivante minoritaire employée en Guyane. Sur les territoires français, la langue connaît environ 14 500 locuteurs, courants ou occasionnels. C’est la langue historique des Saramaca.
Catégories linguistiques
Sous l’angle de la classification génétique, le saramaka se rattache à la famille des créoles bushinenge de Guyane à base lexicale anglo-portugaise. Son implantation historique se situe en Guyane.
Le saramaka possède une structure syntaxique SVO, soit un ordre syntaxique sujet-verbe-objet. Selon la typologie morphologique, il s’agit d’une langue agglutinante, soit une langue dont la morphologie est caractérisée par l’assemblage de morphèmes, plus petit élément linguistique porteur d’un trait syntaxique. Elle possède une typologie rythmique syllabique.
Littérature
Le saamaka est une langue de tradition orale. La littérature de langue saramaka est constituée de recueils d’ethnotextes réalisés par des linguistes.
Parmi les grands auteurs de la littérature scientifique saramaka, on citera les chercheuses Catherine Rountree et Naomi Glock, qui ont publié de nombreux ouvrages sur la langue et les contes populaires saramaka, ainsi que l’anthropologue américain et spécialiste des sociétés afro-américaines Richard Price (né en 1941) – Les premiers temps. La conception de l’histoire des Marrons saramaka, paru en 1994.
Droit et institutions
La Constitution de la Ve République dispose, sur les territoires français : « La langue de la République est le français. » (art. 2 modifié en juin 1992), ce qui prescrit l’emploi de la langue française dans la sphère publique et dans l’enseignement. Néanmoins, ce recours dans l’espace public à des langues minoritaires telles que la langue saramaka n’est pas exclu, d’autant plus que la même Constitution leur reconnaît depuis 2008 un intérêt comme patrimoine immatériel (art. 75-1).
Le saramaka est l’objet d’un cadre législatif depuis 1984, qui lui permet d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. De manière plus générale, en tant que langue minoritaire de France, l’enseignement du saramaka est codifié par le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code de la consommation (L. 121-33) et le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129).
Son emploi dans la sphère publique et dans les médias est essentiellement normé par la loi no 94-665 relative à l’emploi de la langue française, ainsi que par la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Le service Langues et Patrimoine de la collectivité territoriale de Guyane compte parmi les institutions promouvant aujourd’hui le saramaka.
Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
Publié par Sambuc éditeur.
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