Sciences humaines. Le 22 décembre 2024. Format : petite feuille (2 feuillets).
« Langues de France et d'outre-mer »
Créole chagossien
Langue vivante minoritaire
Le créole chagossien (kréol) est une langue vivante minoritaire de France qui forme un idiome de la famille des créoles à base lexicale française. Elle est usitée dans les Mascareignes sur l’archipel des Chagos.
Le créole chagossien (kréol) est une langue vivante régionale employée dans les Mascareignes. Dans le monde entier, le créole chagossien compte approximativement 1 800 locuteurs aujourd’hui. Elle est la langue traditionnelle des Chagossiens.
Classification linguistique
La langue créole chagossienne appartient au groupe des créoles à base lexicale française de l’océan Indien de la famille des créoles à base lexicale française. Historiquement, cette langue prend forme dans l’archipel des Chagos.
Le créole chagossien est une langue de structure syntaxique SVO (syntaxe sujet-verbe-objet). Sur le plan de la morphologie, le créole chagossien est de type agglutinant, c’est-à-dire que les termes se forment par l’assemblage de morphèmes, plus petit élément linguistique porteur d’un trait syntaxique. Elle possède une rythmique de langue syllabique.
Littérature
Comme l’ensemble des langues créoles, la langue créole chagossienne est une langue de tradition orale, et fait l’objet d’un bilinguisme marqué, la langue parlée créole s’opposant à la langue écrite et littéraire (le français) – mis à part pour de rares textes attestés aux xviiie et xixe siècles. Toutefois, la deuxième moitié du xxe siècle voit émerger une véritable littérature de langue créole, à l’initiative d’écrivains engagés, souvent en parallèle d’une œuvre composée francophone.
Robert Chaudenson (1937-2020) a publié un recueil de Textes créoles anciens. La Réunion et Île Maurice (1981) – et Jean-Louis Joubert (né en 1938) – Littératures de l’océan Indien (1991).
Droit et institutions
« Les langues créoles font partie du patrimoine national. »
Loi du 27 mai 2009 pour le développement économique des outre-mer, art. 73.
Sur les territoires français, la Constitution de la Ve République dispose du français en tant que « langue de la République » (art. 2 modifié en juin 1992), ce qui exclut l’existence de droits-créances à l’usage d’une autre langue que le français. Toutefois, ce recours à des idiomes minoritaires comme le créole chagossien n’est nullement rejeté, surtout avec la reconnaissance de leur importance comme patrimoine immatériel par l’article 75-1 de la même Constitution introduit en 2008.
La langue créole chagossienne est l’objet d’un cadre législatif depuis 1983, qui lui permet d’être présentée au concours de professeur des écoles. Depuis 2004, la langue peut également donner lieu à une épreuve facultative au baccalauréat.
Par ailleurs, comme langue régionale, ce sont le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code de la consommation (L. 121-33) et le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) qui disposent en France de l’enseignement du créole chagossien. Son utilisation dans la sphère publique, la presse et les médias est édictée au sein de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française, et la loi no 2009-594 du 27 mai 2009.
Par ailleurs, le créole chagossien est cité dans l’édition de 2010 de l’Atlas des langues en danger dans le monde publié par l’UNESCO, comme langue menacée de disparition.
- Cet article appartient à la série Langues de France et d'outre-mer.
- Publié par Sambuc éditeur.